Souvent, les journées sont agitées, et les nuits calmes. Les peintures et dessins réalisés par Claire Nicole à la Cité des arts à Paris attestent le contraire. Le travail diurne, sur de larges plages de papier calque découpées dans un rouleau emporté par l'artiste à son départ de Suisse, délimite autant d'espaces vibrants et sereins. La Suite nocturne, réalisée de nuit comme le titre l'indique, consiste en plusieurs bandes horizontales de papier Japon, où court une écriture mouvementée, un motif accidenté et tourbillonnant, ou qui paraît agité par rapport au silence des grandes peintures.

L'artiste lausannoise a postulé pour bénéficier durant six mois d'un des ateliers gérés par Visarte à la Cité internationale des arts. En 2004, elle est partie bien décidée à profiter de ce temps de liberté, et elle s'est abandonnée au rythme du travail personnel. Pour ne pas s'y perdre, elle s'est imposé des contraintes et de nouveaux défis, sur le plan technique: le recours à ce papier calque particulier, moins lisse, plus poreux et plus résistant que le papier calque usuel. Puis, l'utilisation de la couleur acrylique, dédaignée jusqu'alors. Enfin, le monochrome.

Claire Nicole a combiné la peinture acrylique, le noir de vigne, parfois le pastel et la mine de plomb, pour obtenir ces bleus soyeux et intensément azurés, ces gris très doux, ces tonalités terreuses. Comme 2004 était l'Année de la Chine en France, elle s'est inspirée de la calligraphie orientale pour esquisser des signes, jamais nettement apposés sur le support, mais un peu noyés dans le fond.

Un art simple et médité, laborieux et sans accroc

Le résultat tient dans cette exposition d'une trentaine de pièces – peintures, dessins et monotypes – et dans la parution d'un recueil aux Editions Vie Art Cité à Lausanne. L'artiste y exprime sa conception de la pratique artistique, conception d'un art simple et médité, laborieux et sans accroc, toujours en passe de s'épurer davantage, de se diriger vers une plus grande transparence.

Claire Nicole. Résidence Cité des arts Paris 2004. Galerie Alexandre Mottier (bd Georges-Favon 17, Genève, tél. 022/310 27 42). Ma-ve 14-19h, sa 10-17h. Jusqu'au 9 avril.