«La Fondation Mary Toms-Pierre Pauli cherche conservateur ou conservatrice…» L'annonce a paru ou va paraître dans plusieurs journaux suisses et étrangers. Premier point du cahier des charges: participer à l'élaboration d'un projet de création d'un Musée de la tapisserie ancienne et moderne à Lausanne. Un autre projet de nouveau musée dans la capitale vaudoise, outre celui de Musée des beaux-arts: quel appétit!

Pièces anciennes et modernes

La Fondation Mary Toms-Pierre Pauli, créée il y a un an, a pour mission de mettre en valeur un double patrimoine, pour l'instant conservé, faute de lieu d'exposition, dans le dépôt et abri des biens culturels à Lucens: les 108 tapisseries anciennes (du XVIe au XIXe siècle) et autres antiquités textiles du fonds de Mary Toms, légué à l'Etat de Vaud par sa propriétaire décédée en 1993; et 57 tapisseries contemporaines, appartenant également à l'Etat et comprenant la collection de Pierre Pauli, ancien conservateur du Musée des arts décoratifs de Lausanne, décédé en 1970, plus quelques autres pièces.

Ce deuxième fonds est principalement constitué d'œuvres exposées dans le cadre des Biennales de la Tapisserie, créées au début des années 60 à Lausanne par Pierre Pauli et Jean Lurçat. La Fondation, déclare son président, l'ancien conseiller aux Etats Eric Rochat, se veut l'héritière spirituelle de ces Biennales, qui n'ont plus lieu depuis six ans; elle se propose de prendre en charge les archives du CITAM (Centre international de la tapisserie ancienne et moderne), qui les organisait, et d'en perpétuer le logo; bref, le projet de musée répond à la volonté de ne pas laisser s'éteindre, après une période de latence, la vocation de Lausanne pour les arts textiles.

Ce musée, unique en son genre en Suisse, pourrait être construit à l'avenue Schnetzler (en face de la clinique Cecil), sur un emplacement que la Ville accepterait d'offrir à la Fondation, sous réserve de l'approbation du Conseil communal. La construction, dont le coût devrait tourner autour de 10 millions, serait prise en charge par des sponsors privés, en particulier des entreprises ayant à faire avec le textile. D'après Eric Rochat, la recherche de fonds ne devrait pas empiéter sur celle menée en ce moment en vue du financement du futur Musée des beaux-arts. On peut néanmoins se demander s'il est opportun d'essayer de faire avancer deux projets de musée à la fois à Lausanne.

D'autre part, lorsque l'on a commencé à parler de sortir les beaux-arts du Palais de Rumine, l'idée avait été émise d'y installer les tapisseries. Faut-il définitivement l'abandonner? Il serait en tout cas souhaitable que l'Etat, la Ville, les milieux artistiques et les amoureux de la tapisserie réfléchissent ensemble pour redessiner la physionomie muséale de Lausanne.