La dureté de l’immense mur gris en avant-scène est comme un corset serré. Espace étriqué. Sous les portraits de famille jonchant le mur – sorte de négatifs photos flous –, les jeunes enfants du Bailli jouent au train électrique en répétant leur chant de Noël en plein mois de juillet. Fausse joie de l’existence dans cette famille bourgeoise marquée par le décès de la mère, laissant cette ribambelle d’enfants aux soins de la fille aînée, Charlotte. C’est son destin, son renoncement à l’amour naissant avec Werther pour honorer un mariage de raison, qui est au centre du livret de l’opéra composé par Jules Massenet en 1892.