Se mesurer à la Missa solemnis de Beethoven, c’est comme gravir l’Everest! Cette grande «messe solennelle» fait figure d’œuvre testamentaire chez ce compositeur épris de religiosité – en quête de sens, du moins – à la fin de sa vie. On y trouve des parties de chœur redoutables comme une orchestration par grands blocs qui préfigure les développements à venir chez les grands symphonistes du XIXe siècle. Réunis mercredi soir sur le plateau de l’Opéra de Lausanne, la Cappella Amsterdam, l’Ensemble vocal de Lausanne et l’Orchestre du XVIIIe siècle ont rendu sa lumière à ce monument si rare en concert.

Longtemps, la Missa solemnis a ployé sous le poids d’effectifs trop lourds et d’orchestres jouant cette musique comme du Bruckner. Le chef néerlandais Daniel Reuss tourne le dos au gigantisme prôné autrefois par Karajan et Klemperer pour privilégier une transparence de tous les instants. Les instruments d’époque, aux timbres si particuliers, fragiles parfois, confèrent une saveur goûteuse à l’orchestration de Beethoven.