L’été venu, tout le monde apprécie un bon thriller. Raison de plus pour accorder une chance à La cara oculta, un film colombien, aussi efficace que malin. Oui, vous avez bien lu colombien et non américain, même si le titre «français» d’Inside (aux Etats-Unis, c’est The Hidden Face) tente de créer la confusion. Jeune cinéaste déjà remarqué avec son premier film, le violent Satanás, Andrés Baiz lorgne sans doute du côté de Hollywood. Mais pour l’heure, il s’est contenté de trouver un coproducteur en Espagne, autre pays actuellement très porté sur le cinéma de genre.

Le début est, il est vrai, assez poussif, style mélodrame et porno soft. Seul dans sa belle maison de campagne, le jeune chef d’orchestre Adrian regarde une vidéo dans laquelle son amie Bélen lui annonce qu’elle le quitte. Anéanti, il va se consoler dans les bras de Fabiana, la première jeune serveuse venue. Arrivent deux policiers qui semblent soupçonner Adrian de la disparition de Bélen. De son côté, Fabiana remarque d’étranges phénomènes dans la maison, liés à l’eau…

Maison hantée en musique

Tout ceci paraît générique dans le plus mauvais sens du terme: tout juste bon pour un direct-vidéo! Et puis soudain, un retournement de scénario qui fait reprendre toute l’histoire du point de la disparue donne une tout autre impression. La mise en scène devient soudain intéressante, Clara Lago (Bélen) amène enfin une vraie intensité à l’interprétation, le suspense ne vous lâche plus. Deux ans après Rabia de l’Equatorien Sebastián Cordero, ce film confirme la fascination des cinéastes latinos pour le thème de la maison «hantée» qui cache un secret.

Alors, film de fantômes? Drame de la jalousie? Inutile d’en révéler trop! Surtout qu’il vaut mieux passer sur certains «trous» de logique. Mais plutôt que d’attendre le très probable remake hollywoodien, autant découvrir cet original réalisé entre Bogota et Barcelone, avec deux belles actrices. Quant à la musique de l’Argentin Federico Jusid (Dans ses yeux), elle dialogue crânement avec des morceaux de Rachmaninov, Tchaïkovski et Beethoven – de même que le cinéaste tente de dialoguer avec Hitchcock! Ce qui donne un film sans doute superficiel, mais très habile et insidieusement prenant.

VV Inside (La cara oculta) , d’Andrés Baiz (Colombie/Espagne 2011), avec Martina García, Quim Gutiérrez, Clara Lago, Alexandra Stewart, Marcela Mar, Juan Alfonso Baptista, Humberto Dorado. 1h36