La collection «128» tire son nom du nombre de pages des ouvrages qui la composent: on comprendra donc que les auteurs de ce panorama des lettres américaines depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale aient eu fort à faire pour sélectionner les écrivains dont ils voulaient absolument parler et en éliminer – forcément à contre-cœur – de nombreux autres. Ce qui frappe dès l'introduction, c'est que si cet ouvrage est avant tout destiné au monde universitaire, l'enthousiasme des auteurs pour leur sujet en fait un guide de lecture épatant pour les curieux et les gourmands. Même si, effectivement, on pourra trouver injuste le peu de place accordé à tel ou tel, ou certaines appréciations légèrement hâtives (Cormac McCarthy réduit à n'être qu'un écrivain «régionaliste» parmi d'autres): subjectivité et sensibilité ne peuvent faire l'unanimité. Il n'en reste pas moins que quelque deux cents romanciers apparaissent au fil de sept chapitres classificateurs: «Romans historiques et romans intimistes», «Les réalismes», «La Beat Generation et les écrivains contestataires», «Le roman juif américain», «Les Noirs et autres minorités», «Le roman des femmes», «Modernistes d'hier et modernistes contemporains». De quoi se faire un programme alléchant de lectures en anglais, car les œuvres citées le sont sous le titre d'origine, sans mention des traductions mais, comme elles sont presque toutes disponibles en français, cela sera l'occasion de mettre à l'épreuve le savoir-faire de son libraire préféré.