L’ECAL censurée en Chine

Photographie Les clichés de nus n’ont pas passé la douane

Avant toute chose, l’ECAL tient à souligner qu’elle est ravie d’exposer à Shanghai et de bénéficier d’une visibilité internationale. Néanmoins, les choses auraient pu se dérouler plus sereinement. L’exposition ECAL Photography – tirée d’un livre éponyme qui réunit les meilleurs travaux produits ces cinq dernières années par le département photo de l’école – vient de connaître la censure chinoise. Huit de la soixantaine de clichés proposés ont déplu au bureau culturel local, qui a simplement renvoyé la liste avec des croix apposées sur les images jugées inadéquates. Aucune explication n’a été donnée, mais les photographies visées montraient toutes des corps nus. Déjà présentée à Paris, Renens et Milan, l’exposition conçue par Nathalie Hersch­dorfer et Milo Keller prend forme sur des bâches de plastique, qu’il a tout bonnement fallu amputer des clichés dérangeants.

«Des images plus critiques sur le fond sont très bien passées, mais celles-ci ont déplu. C’est marrant, parce qu’en arrivant à l’aéroport de Shanghai, nous avons vu des publicités bien plus hot, s’amuse Milo Keller. Une fois la coupe réalisée, la cinquantaine de clichés restant a encore été bloquée en douane pour des raisons administratives. Il a fallu tout l’entregent du consulat suisse pour débloquer la situation à quelques heures du vernissage, jeudi dernier.

Bien que la censure soit fréquente dans le pays, il semble que la tenue annuelle de l’Assemblée populaire nationale ait crispé les fonctionnaires chinois. Shanghai, en outre, a bizarrement la réputation d’être plus sourcilleuse que Pékin en termes de respect de l’orthodoxie culturelle.

ECAL Photography, jusqu’au 10 mai à la galerie 10 Corso Como, à Shanghai.