Un jour, un tweet

Et l’écologie, dans tout ça?

Plusieurs associations dénoncent le Festival de Cannes pour son désintérêt des questions environnementales

Jusqu’au 25 mai, le hashtag #Cannes2019 sera l’un des plus utilisés sur Twitter. Chaque jour, parmi les milliers de gazouillis générés par le festival, «Le Temps» en retient un, prétexte à parler de Cannes, de sa Croisette, du cinéma, mais pas seulement.

#Un jour, un tweet

A Cannes, cette année, il a beaucoup été question de zombies. Depuis la projection du satirique The Don’t Dead Die de Jim Jarmusch en ouverture, les revenants ont été très présents dans les sélections, que cela soit de manière littérale ou métaphorique. Car on le sait depuis le fondateur La Nuit des morts-vivants, réalisé en 1968 par George A. Romero, les zombies sont un bon moyen de parler de la décadence de l’humanité et de la maestria des hommes lorsqu’il s’agit de détruire les ressources de la planète qui l’accueille. Ressources dont le Festival de Cannes, comme l’a relayé une dépêche de l’Agence France Presse (AFP), ne semble guère se préoccuper.

Sur les écrans, on parle misère, égalité hommes-femmes et intolérance. Dans les couloirs du Palais des Festivals, sur la Croisette et dans les grands hôtels, c’est «un immense gâchis», dénoncent plusieurs associations écologiques. Cyril Dion, coréalisateur du film Demain, a profité de son passage à Cannes pour souligner que les progrès à faire sont «énormes». Alors que les stars aiment se dire conscientes que la planète est en danger, le glamour souhaité par le festival génère une pollution gigantesque. Cortèges de voitures et motards dans les rues, yachts dans la baie (avec des moteurs qui fonctionnent non-stop pour avoir de l’électricité), tapis rouge changé plusieurs fois par jour, feux d’artifice quotidiens avec retombées de particules fines, et on en passe, dénonce notamment l’Association pour la défense de l’environnement et de la nature (ADEN), citée par l’AFP.

L’exemple locarnais

Au Locarno Festival, les journalistes ne reçoivent plus de documentation imprimée. A Cannes, les casiers sont remplis (bien que de moins en moins) de dossiers de presse et informations diverses qui finissent pour la plupart directement à la poubelle. Chaque jour, des centaines – voire des milliers – de bouteilles en PET et canettes en alu sont offertes, puis jetées n’importe où. L’an dernier, le festival a signé une charte visant une égalité des sexes aussi bien dans son organisation que dans les sélections. Il faudrait que l’ADEN le pousse à empoigner le problème de l’écologie avant que sa direction ne se transforme en zombies.

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