Nous republions ce portrait à l'occasion du Prix Femina étranger remis ce lundi à Ahmet Altan, pour son roman «Madame Hayat» (Actes Sud)

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«Je ne fume que lorsque je suis tendu»… Une phrase banale devient, face à la répression qui sévit en Turquie, une promesse d’évasion. Car, après tout, Ahmet Altan, arrêté au lendemain de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, est un écrivain. Et un écrivain n’est jamais entièrement enfermé. Derrière l’homme qui doit tenir son pantalon à deux mains parce que le lacet qui le serrait à la taille a été confisqué, un autre veille. Qui ne cesse d’observer, de noter, de mettre de côté des fragments d’histoires auxquelles il entend bien donner vie un jour. Qui sait que même quand on le conduit dans une geôle où plus rien ne subsistera de sa vie antérieure, il n’est pas assez «tendu» pour accepter la cigarette que lui offre un policier.