«La Syrie est plus que la Syrie, écrit l’ambassadeur français Michel Duclos. Elle est cette région de l’humanité où les grandes puissances ont accepté que les droits de l’humanité soient bafoués sans aucune limite.» L’abandon n’est pas seulement honteux, dit le diplomate, il est alarmant: «Dans un monde où les régimes autoritaires se multiplient, quels obstacles trouveront-ils devant eux le jour où, pour une raison ou une autre, devant une révolte populaire, il leur paraîtra utile ou expédient de recourir au style Assad de contre-insurrection?»

Michel Duclos était en poste à Moscou (1987-2001) quand l’URSS se délitait; à New York (2002-2006) quand les Etats-Unis envahissaient l’Irak sans l’accord du Conseil de sécurité; à Damas (2006-2009) au lendemain de l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, quand Bachar el-Assad s’employait à maintenir sa tutelle sur le Liban et soutenait l’insurrection anti-américaine en Irak. Ce parcours diplomatique a fait de Michel Duclos un interprète convaincant des événements qui ont conduit au désastre syrien: huit ans de guerre, entre 300 000 et 500 000 morts, 7 millions de réfugiés hors des frontières, 6 millions à l’intérieur, 1,5 million d’invalides, 80 000 prisonniers.