Pour contrer la propagation de l’épidémie de coronavirus, nous avons renoncé à organiser des événements dans nos locaux. Mais pour que vous puissiez tout de même assister aux conférences prévues, certaines seront proposées sur notre site sous forme de vidéo ou de chat en ligne.

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En cette période de confinement dû à la pandémie de coronavirus, le livre fait office de valeur refuge. Formidable moyen de s’évader, la lecture est aussi «une amitié», comme l’écrivait Marcel Proust. Un moyen de se sentir moins seul grâce à un ami qui vous veut du bien.

Que lire en ces moments de confinement? Quels sont les petits trésors à découvrir ou redécouvrir pour nous éclairer, nous divertir, nous passionner? Que proposer à des enfants? Comment expliquer le succès de certains livres comme «La Peste» d’Albert Camus?...

Nos journalistes et critiques littéraires Lisbeth Koutchoumoff et Eléonore Sulser ont répondu à toutes vos questions. Leurs réponses sont à découvrir ci-dessous.

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Un critique littéraire, pour un journal comme «Le Temps», cela représente combien de livres reçus et combien de livres lus? D’ailleurs comment les sélectionnez-vous généralement? Et ensuite, comment réalisez-vous votre processus de critique? (Vous prenez des notes? Vous écrivez votre critique uniquement une fois le livre terminé?...) (Syphona)

Lisbeth: Chère Syphona, nous recevons entre 30 et 50 livres par semaine, selon les époques de l'année. Et nous parlons de 10 à 14 livres par semaine. La sélection est donc drastique. Le but est d’offrir, chaque semaine, une sélection de livres qui, pour nous, sortent du lot, par leur qualité, leur originalité. Et ce dans des genres variés, du roman à l’essai, de la BD au polar, etc.  Au cours de la lecture, je souligne beaucoup. Je gribouille plein de choses sur les pages de garde… Et très souvent, je n’utilise rien de ces notes quand je me mets à écrire ;-) Oui, je n’écris que quand j’ai terminé le livre. On n’a pas la vision du livre si on ne l’a pas terminé. Et même, il faut, dans l’idéal, laisser un jour entre la fin de la lecture et l’écriture de la critique. Il faut digérer la lecture, laisser le livre se déposer en soi, se marier avec nos propres souvenirs (ce processus a lieu pendant la lecture déjà, bien évidemment) mais il est bon de laisser le livre se décanter. Avant d’écrire. Quand on n’a pas le temps de procéder ainsi, en général, l’article est moins pertinent ou moins personnel. 

Chère Lisbeth, chère Eléonore. Que pensez-vous du soudain attrait des lecteurs pour «La Peste», de Camus? Y voyez-vous un risque de comparer l'incomparable ou, au contraire, devrions-nous encourager les professeurs de gymnase à inscrire ce livre sur la liste des ouvrages à lire pour le bac de cette année? Merci. (Simon)

Lisbeth: Cher Simon, je pense que ce regain d’intérêt est très positif. Camus a écrit «La Peste» sur plusieurs plans, littéral et métaphorique. Il s’est évidemment beaucoup documenté sur les différentes grandes épidémies de peste qui ont sévi en Europe au travers des siècles. Bien sûr, il voulait parler de la propagation du nazisme par le biais de ce conte romanesque. Mais comme tous les chefs-d’œuvre, «La Peste» trouve une nouvelle actualité à chaque génération. Et les pestes sont nombreuses. Pour des adolescents, et même pour les adultes, lire «La Peste» aujourd’hui est une expérience mémorable. Je le recommande fortement!

Les classiques sont étonnants et nous surprennent, surtout lorsque ce qu’on vit nous rapproche d’eux. J’ai été stupéfaite de l’actualité du début du «Décaméron» de Boccace qui raconte la peste à Florence… C’est saisissant. Les problématiques, les réactions, les peurs, et les jeux de déni sont semblables à ce que nous vivons aujourd’hui. Pour en juger, voici le texte en libre accès.

Connaissez-vous des œuvres qui auraient plus ou moins anticipé la pandémie mondiale que nous vivons aujourd’hui?  (Sarah)

Il y en a beaucoup! La plus proche de nous est certainement «Le Fléau» de Stephen King, où il imagine une épidémie de grippe créée en laboratoire et qui se répand dans tous les Etats-Unis….

Bonjour. Je découvre à l’instant votre offre de propositions de lectures sur «Le Temps» en ligne. J’en profite pour vous remercier de tous vos conseils de lecture dans le journal, auquel je suis abonnée depuis avant ses débuts..., mais aussi pour cette initiative bienvenue dans cette période si particulière. Mes meilleurs messages à vous et à tous vos collègues qui travaillez jour après jour pour nous aider à vivre ces semaines inédites. (Marianne)

Lisbeth: Chère Marianne, vive les livres et la lecture! Merci de partager votre goût des livres. Echangeons sur nos lectures, ces antidotes puissants aux temps sombres! Bonnes lectures!

Eléonore: A mon tour, chère Marianne, de vous remercier chaleureusement.

Comment donner la passion de la lecture à des jeunes? Avez-vous une idée d’un livre en particulier pour cela? Et vous, comment et quand êtes-vous tombées dans la lecture? (Jean)

Lisbeth: Cher Jean, à mon avis, si les enfants sont encore suffisamment petits, il faut lire avec eux… Nous avons fait une sélection de 50 livres pour enfants confinés à la maison. Voici le lien: https://www.letemps.ch/dossiers/50-livres-enfants-confines-maison C’est vraiment l’échange entre l’enfant et l’adulte, le jeux des voix, des émotions, la perception de tout cet univers qui surgit des pages, des mots, des images qui provoquent l’envie d’aller vers les livres. Je me souviens de mon père qui, pour un de mes anniversaires, avait commencé à lire l’histoire d’«Aladin et la lampe merveilleuse». Et puis tout à coup, il a quitté la pièce, et il est revenu en Sinbad le marin. L’émerveillement que j’ai ressenti (et mes petits copains de l’époque avec moi) est resté comme le détonateur de mon goût pour les histoires ;-)

Eléonore: Tout comme Lisbeth, j’ai eu la chance d’avoir un père qui nous lisait, chaque soir, un bout des aventures de Mowgli dans «Le Livre de la jungle» de Kipling… Après, très vite, grâce aux séries et au cinéma notamment, je suis tombée sur Jules Verne («Voyage au centre de la terre», «Michel Strogoff», «Deux ans de vacances», «20 000 lieues sous les mers») et Alexandre Dumas (Le Comte de Monte-Cristo, Les Trois Mousquetaires). Et je n’ai plus lâché. Cela dit, je pense qu’aujourd’hui la saga de Harry Potter peut être une porte d’entrée formidable… 

Lorsqu’on souhaite découvrir une œuvre, disponible en livre et sur les écrans, par quel support commencer? (Y34)

Lisbeth: Il n’y a pas de règles je pense, mais le risque quand on commence par le film ou la série, c’est d’avoir le film qui vient en tête quand on lit… Et donc de perdre en partie cette magie de la lecture qui est que l’on est son propre réalisateur, son propre cadreur et que l’on fait son propre casting!

En Suisse, on parle beaucoup de Joël Dicker, et je trouve quil a tendance àun peu trop monopoliser lattention médiatique. Cest dommage. Avez-vous des jeunes (ou moins jeunes) talents suisses que vous pourriez nous présenter? (Julien)

Lisbeth: Cher Julien, Joël Dicker écrit dans un genre bien particulier qui est celui du roman d’intrigue et de la romance, il mêle les deux. C’est un genre populaire, fait pour plaire au plus grand nombre. Si vous aimez le thriller, il y a une nouvelle venue, à Neuchâtel, Sonia Molinari, qui vient de publier «Ne pas laisser le temps à la nuit» (Zoé).

Internet et le streaming en ligne ont poussé les disquaires à la mort. J’aimerais votre avis autour des liseuses électroniques. On évoque depuis des années qu’elles vont terrasser les libraires. Pourtant, les livres papier semblent bien résister. Des écrivains sont d’ailleurs très sévères lorsqu’ils évoquent les liseuses, refusant parfois catégoriquement de voir leurs œuvres publiées en format électronique. Qu’en pensez-vous? (Stéphane)

Lisbeth: Cher Stéphane, intéressante question! Je vous conseille de lire une chercheuse qui étudie ces questions, Maryanne Wolf. Elle est Américaine, francophile et a publié deux livres destinés au grand public: «Proust et le calamar» (Ed. Abeille et Castor) et le deuxième, tout récent, n’est pas encore traduit en français, «Reader, come home». C’est passionnant car elle explique que sur le plan neuronal, le cerveau ne lit pas de la même façon sur écran et sur papier. Le format du codex (papier) permet au cerveau de savoir en permanence où il se trouve dans le déroulé du texte par exemple, début, milieu, fin. Le cerveau enregistre et s’adapte en permanence à cette information. Dans le déroulé des pages sur écran, et malgré le numéro de la page qui s’affiche, cette donnée n’est pas aussi claire. Ce qui a un impact sur l’attention. Maryanne Wolf pratique les deux formats et préconise d’enseigner aux enfants et aux jeunes les deux modes de lecture. Bref, passionnant. 

Eléonore: A titre personnel, je dévore aussi bien sur papier que sur écran. Je lis sur ma tablette électronique beaucoup de PDF mais aussi des e-books. J’ai commencé à lire sur écran parce que j’étais pendulaire et que transporter des livres me cassait le dos. Je ne sais pas si mon attention est différente. Je n’en suis pas sûre. Il m’est arrivé de chercher un livre partout, après l’avoir lu sur tablette… en oubliant complètement que je ne le possédais pas matériellement. C’était le magnifique Pas pleurer de Lydie Salvayre. Pour certains livres, comme des polars palpitants, je crois même que je préfère la lecture sur écran qui permet d’aller encore plus vite. Je mets le texte en blanc sur fond noir et je scrolle, ce qui me donne le sentiment de plonger dans un puits sans fond… Ce n’est pas forcément désagréable comme spéléologie…

Comment font les auteurs qui devaient sortir leur livre? Et les maisons d’édition? Ils vont repousser, bien, mais ne risque-t-on pas de se retrouver avec un immense embouteillage littérature à la rentrée? Probablement septembre. (Kel2)

Lisbeth: Oui, vous voyez juste. Tout d’abord, il y a aussi les livres qui n’ont pas pu être repoussés parce que déjà mis en place dans les librairies juste avant le confinement. Tant mieux pour les lecteurs, mais la pandémie empêche les rencontres en librairie, toute la fête que constitue toujours une parution. De notre côté, nous allons évidemment écrire sur ces bons livres. Les livres qui sont repoussés: chaque éditeur est en train de décider du moment où tel ou tel livre va finalement être publié. Et là, cela doit être un sacré casse-tête parce que les programmes d’éditeurs sont imaginés longtemps à l’avance. Certains titres ont le panache pour faire leur place au moment si difficile de la rentrée littéraire (difficile parce que la masse des parutions est énorme), d’autres sont mieux taillés pour briller dans des temps plus calmes… Un vrai casse-tête. Et il y aura des embouteillages. Par un jeu de dominos, certains livres d’août seront repoussés à octobre, et ainsi de suite… A suivre! Bonnes lectures!

Si vous ne deviez retenir qu’un seul livre publié ces dix dernières années, et l’emporter sur une île déserte, lequel serait-il et pourquoi? (Amarante)

Lisbeth: Chère Amarante, quelle question difficile! J’espère ne jamais devoir me retrouver dans une telle situation ;-) Je prendrais «Les Mille et Une nuits parce que c’est une ode à l’écriture, à la magie du conte et j’aurais de quoi faire! 

Eléonore: Aïe, en effet ce n’est pas facile. Je triche, je prends la trilogie de Virginie Despentes, «Vernon Subutex» – en trois volumes – et est-ce que je pourrais prendre «Les Années» d’Annie Ernaux pour la décennie d’avant? Et, ainsi de suite… jusqu’à «L’Odyssée». Avec un livre par décennie, je devrais pouvoir m’en sortir… (pour un moment). 

Je trouve l’œuvre de Beigbeder franchement hilarante et d’époque. Avez-vous eu l’occasion de lire son dernier livre? Si oui, qu’en avez-vous pensé? (Ilona)

Lisbeth: Chère Ilona, je ne l’ai pas lu, c’est mon jeune collègue Ivan Garcia qui l’a lu et a écrit la critique. En voici le lien. Bonne lecture!

Quelles sont vos lectures actuelles? La situation actuelle influence-t-elle vos choix? (Lise)

Lisbeth: Chère Lise, plutôt que mes choix, la situation a un impact sur ma façon de lire… Je suis plongée actuellement dans le merveilleux «L’Exil vaut le voyage» de Dany Laferrière. C’est un roman dessiné, le deuxième de cet auteur que j’aime beaucoup. Cette fois-ci, il écrit et dessine sur tous les exils qui le constituent, né à Haïti, vivant au Québec et passant beaucoup de temps à Paris. Tous ces voyages se font surtout par les écrivains qui les nourrissent et c’est un enchantement, visuel et poétique. Très riche et qui permet de s’échapper loin du marasme et des peurs qui nous enserrent. 

Eléonore: Nous sommes encore tenues par l’actualité, mais pas que. Parmi les sorties récentes, je lis en ce moment, pour les pages Livres du «Temps», «La Mélancolie du maknine» de Seham Boutata au Seuil. C’est un livre qui ouvre sur le printemps, sur le réveil de l’Algérie contemporaine et évoque la passion de certains pour le chant des oiseaux. Ce livre me fait un bien fou. Dans un tout autre registre, je pense replonger dans «La Vérité avant-dernière» de Philip K. Dick, qui ne me semble pas sans lien avec la situation que nous vivons.

Et toujours, quand ça tangue pour moi, Henri Michaux. C’est un écrivain qui me soigne, qui me nourrit, qui me secoue, qui me recentre. C’est la base… Je viens de publier une chronique sur cette passion personnelle. Que je me sois remise à Michaux indique qu’en effet, mes choix ont à voir avec le temps présent.

Je suis en train d’écrire un livre, quelles sont les règles qui font qu’un livre pourrait vous plaire? Je sais que ma question est très difficile, mais j’imagine que vous recevez et lisez beaucoup de livres. (Julien)

Lisbeth: Cher Julien, je ne peux vraiment pas vous donner des tuyaux. Chaque écrivain est susceptible de toucher, d’intéresser par sa voix unique et personnelle! Bonne écriture!

Que pensez-vous des adaptations ciné ou télé de certaines séries? Par exemple «Vernon Subutex». Avez-vous vu la série? Et si oui, qu’en avez-vous pensé? Et «L’Amie prodigieuse»? Avez-vous des exemples d’adaptation que vous avez trouvés particulièrement réussis? (Lionel)

Eléonore: Cher Lionel, voici deux exemples opposés à mon sens. J’ai trouvé vraiment très légère et pour tout dire insipide l’adaptation de «Vernon Subutex». Rien de la rage et de l’ironie de Virginie Despentes n’est passé à l’écran, à mon sens. En revanche, j’ai été vraiment séduite par «L’Amie prodigieuse», adaptation fine et fidèle de la belle saga d’Elena Ferrante. 

Je pense que «Vernon Subutex» n’est pas facile à adapter, en fait. Vernon n’est pas un personnage très défini. Dans le livre, il est avant tout un vecteur de l’intrigue. C’est lui qui permet aux différents personnages d’apparaître. Et du coup, il n’est pas facile de l’incarner. Romain Duris, n’y est d’ailleurs pas parvenu... En revanche, Elena Ferrante a un vrai sens du feuilleton… Sa structure narrative est beaucoup plus classique, plus proche de Dumas ou de Dickens, grands maîtres en la matière.

En tant que critiques littéraires, pensez-vous que la situation actuelle puisse redonner un vif engouement pour les livres et la lecture? D’ailleurs, n’aurait-il pas été une bonne solution de continuer à ouvrir les librairies? (Marie)

Eléonore: Chère Marie, je pense que la lecture peut nous aider véritablement à traverser ces étranges semaines. Je le vérifie tous les jours. Elle nous parle de nous et du monde, nous déplace bien que nous restions immobiles. Elle nous permet de changer de point de vue, en empruntant celui d’un ou d’une autre, même si nous voyons toujours la même chose par nos fenêtres. Donc, j’espère que davantage de gens vont s’intéresser à cette activité qui, à mon sens, est libératrice et permet de penser ce qui nous arrive. 

Je regrette que les librairies n’aient pas été considérées comme des lieux nécessaires, mais je comprends qu’il soit compliqué pour les libraires de continuer à travailler, d’autant que nombre de maisons d’édition et de circuits de distribution tournent au ralenti. Par chance, l’électronique nous donne accès à des bibliothèques prodigieuses. Il est possible de s’inscrire à des bibliothèques en Suisse romande et d’emprunter des livres en ligne, tandis que Wikisource et beaucoup d’autres sites permettent de lire quantité de classiques et de curiosités.

Mes enfants passent leurs journées devant leurs écrans. Ils aiment lire mais je ne sais vraiment pas quoi leur proposer. Avez-vous des idées de textes accessibles pour des 8-12 ans (sans forcément retomber dans «Le Monde de Sophie», «Le Horla», ou «Vipère au poing»)?

Lisbeth: Bonjour, nous avons réuni une sélection de livres Jeunesse dans ce dossier, 50 propositions, je pense que vous trouverez de quoi faire ;-) Bonnes lectures!

Pendant cette période de confinement, il est très difficile de se procurer des livres. Quelles solutions sont possibles? (Laure)

Lisbeth: Chère Laure, je vous conseille de regarder la liste des librairies de Suisse romande qui continuent de prendre des commandes et d’envoyer des livres: vous la trouvez sur Livresuisse.ch. Si vous n’êtes pas cliente d’une librairie, c’est l’occasion d’en découvrir. Si vous allez déjà en librairie, passez un coup de fil. Il y a de fortes chances que l’on vous réponde. Ou par e-mail aussi. Et puis bien sûr, vous avez toujours Amazon… Mais ce serait vraiment une action solidaire que de penser d’abords aux libraires.

Sur internet, on retrouve certains livres tombés dans le domaine public, notamment via le Projet Gutenberg. Y a-t-il des écrits que vous conseillez à télécharger gratuitement sur ce type de site? (Marc)

Eléonore: Cher Marc, tout le XIXe siècle français (et les siècles qui précèdent) ainsi que nombre de textes traduits à cette époque sont pratiquement accessibles librement en ligne. Personnellement, j’en profite pour replonger dans Jules Verne parce que je trouve qu’une dose de science-fiction est bienvenue ces temps-ci. J’ai notamment le projet de relire «20 000 lieues sous les mers», une histoire de confinement… sous-marin. Mais pourquoi pas se lancer dans la fabuleuse aventure de «La Comédie humaine» et plonger dans Balzac? Comme «page turner», c’est très efficace.

La lecture semble être un bon remède pour se changer les idées. Avez-vous des suggestions de livres vraiment très drôles, et qui restent cependant assez qualitatifs? (Nylsen)

Lisbeth: Je suis ravie de votre question, parce qu’en ce moment, le rire est SALVATEUR. Et j’ai trois livres à vous suggérer: évidemment, le rire est très subjectif, en tous les cas, ils m’ont fait rire moi: «La Filiale» de Sergueï Dovlatov (Editions La Baconnière): il faut absolument découvrir Sergueï Dovlatov et ce livre-là est une bonne porte d’entrée. C’est un Russe émigré aux Etats-Unis qui doit rendre compte d’un congrès qui réunit les opposants au régime communiste. Humour absurde, émotions, on rit vraiment beaucoup et c’est un grand livre aussi sur l’amour et la puissance de l’écriture. Velibor Colic, «Manuel d’exil. Comment réussir son exil en 35 leçons» (Folio): là aussi, c’est l’occasion de découvrir cet auteur bosniaque, en France depuis vingt-cinq ans. C’est le livre qui l’a fait connaître au grand public: il raconte justement son arrivée en France comme réfugié, après avoir déserté de l’armée pendant le conflit yougoslave. Mémorable. Et toujours, «La Promesse de l’aube», Romain Gary: si vous ne l’avez pas encore lu, c’est l’occasion. L’enfance mi-rêvée, mi-réelle de Romain Gary à Nice avec sa mère et son engagement comme aviateur pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Quel est, selon vous, le livre à lire pendant ce confinement? (Julien) 

Lisbeth: Cher Julien, le choix est immense. Si vous aimez les polars, voici une sélection pour la quarantaine.

Eléonore: Cela fait des années que j’aimerais lire «Le docteur Jivago» de Boris Pasternak, je me dis que c’est l’occasion… Et vous? Quel est le livre que vous songez à lire depuis des années? Peut-être est-ce la bonne question à se poser...

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Conclusion:

Lisbeth: Chères lectrices, chers lecteurs, merci pour ces échanges. C’est toujours formidable de se «parler» ainsi. Courage pour toute cette période que je vous souhaite en SANTE et riche de LIVRES!

Eléonore: Voyagez autour de votre chambre et voyagez jusqu’au bout de l’univers grâce aux livres… La lecture donne le don d’ubiquité, ne vous en privez pas!