Après presque 40 ans d’une monstrueuse guerre civile (1562-1598), la France épuisée parvient à un accord durable entre catholiques et protestants sous l’égide du roi Henri IV. Dès 1598, les hugnenots obtiennent de pouvoir demeurer dans le pays « sans être enquis, vexés, molestés », ni d’agir contre leur conscience. Ils peuvent pratiquer leur culte de façon restreinte, et obtiennent environ 150 « places de sûreté » répartis dans le royaume.

Composé de 92 articles, l’édit est décrété «perpétuel et irrévocable» ce qui, malgré les apparences, n’est pas une garantie éternelle dans une monarchie absolue de droit divin. A noter le titre complet: « Edit de Nantes en faveur de ceux de la religion prétendue réformée ». Et pourquoi Nantes? Car c’est dans cette ville qu’Henri IV combat le duc de Mercoeur, l’un des derniers Ligueurs (parti catholique), qui finit par se rallier en avril 1598.

Au cours du XVIIe siècle, la puissance des huguenots français décline. Une politique anti-réformés à partir des années 1660 aboutit à l’Edit de Fontainebleau (octobre 1685), qui annule l’édit de Nantes. Parmi les mesures les plus spectaculaires, la destruction des temples et l’interdiction faites aux protestants de quitter le royaume sous peine de galère ou de prison. La Révolution française leur rend la liberté de conscience (1789) et de culte (1791).