Après le séisme qui a frappé sa famille, Antoinette Rychner déboule sur la scène littéraire avec une énergie retrouvée. Dans Peu importe où nous sommes (D’autre part, 2019), elle exorcise sobrement la maladie de son petit garçon et dit sa reconnaissance à ceux qui l’ont aidée. Avec Pièces de guerre en Suisse (Les Solitaires intempestifs), elle a créé, en collaboration avec Maya Bösch, une pièce qui a investi récemment les scènes de Suisse romande et inaugure une veine plus politique. Et en ce début d’année, elle creuse cette veine avec ce qui est en train de devenir un genre en soi, un récit post-apocalypse.

Après le monde s’ouvre sur un de ces «chants» qu’elle déclame parfois en performance. Il est destiné à rappeler la façon dont vivaient, jusqu’en 2023, les Occidentales de la classe moyenne supérieure cultivée, «mes semblables, mes sœurs», car, il faut s’y faire, le livre est écrit au féminin pluriel, quel que soit le genre des protagonistes. Une donnée qui fait partie du projet politique.