Wikipedia, l’encyclopédie en ligne qui ne dort jamais, a déjà pris note: le légendaire Ian Lemmy Kilmister, bassiste et leader – frontman, comme disent les Anglo-Saxons – du groupe Motörhead, a été brutalement emporté par la faucheuse, un cancer foudroyant, le 28 décembre 2015: «Le 28 décembre 2015, quatre jours après son septantième anniversaire, Lemmy est mort dans sa maison de Los Angeles, à 16h00, suite à une courte bataille contre un cancer extrêmement agressif. Motörhead a annoncé sa mort sur la page Facebook du groupe plus tard dans la journée. Selon le groupe, il aurait eu connaissance de sa maladie le 26 décembre, deux jours avant sa mort.»

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Aussitôt, sur Twitter, c’est le déchaînement: Mike Portnoy, batteur de metal progressif, cristallise à lui seul la surprise d’une information qui ne l’étonne pas: «Triste que tant d’entre nous aient vu cela venir, mais jamais n’ont pensé que cela arriverait vraiment…»

Tandis que Ozzy Osbourne, prince des ténèbres de la heavy metal britannique, verse enfin une larme: «J’ai perdu l’un de mes meilleurs amis, Lemmy, aujourd’hui. Il va nous manquer tristement. C’était un guerrier et une légende. Je vais te revoir de l’autre côté.»

Et que Scott Ian, le guitariste du groupe de thrash metal américain Anthrax, s’exclame: «Il a vécu une vie de rêve et s’en est aller au sommet. Il était Motörhead et il jouait du ROCK AND ROLL». En majuscules dans le tweet, allusion aux déclarations de Lemmy himself qui assurait que Motörhead était un groupe de rock’n’roll. Un Lemmy qui ajoutait venir d’une époque bien antérieure au metal. Il aimait la «musique basique: sonore, rapide et bruyante […] Je joue du rock’n’roll et je crois que le rock’n’roll est sacré», ajoutait-il.

Mais il n’y a pas que la scène musicale à s’émouvoir avec la rapidité de l’éclair sur Twitter: ainsi Paul Michael Levesque, plus connu sous le nom de Triple H, un catcheur américain, lâche:

Du côté de la presse, c’est évidemment une noria d’éloges et de souvenirs. Les plus rock and roll étant les sites de fans tel loudwire.com ou ultimateclassirock.com.

Dans la presse plus traditionnelle, c’est The Verge qui s’offre le titre le plus provocateur – «RIP Lemmy Kilmister, finalement tué par la mort», mais c’est l’hommage de Daniel Kreps, dans Rolling Stone, qui est sans doute le plus exhaustif, qui rend un hommage encyclopédique à cette «icône du heavy metal durant plus de six décennies», qui résista à toutes les maladies jusqu’à cette dernière et fatale, malgré 40 années d’une vie dure et passablement arrosée – il se vantait d’avoir descendu une bouteille de Jack Daniel chaque jour depuis ses 30 ans. Ce qui fait dire d’ailleurs à un internaute, commentant la mort du bassiste: «Lemmy and Hendrix en sont au cinquième verre, évoquant le bon vieux temps. RIP, légende». C’est que Lemmy Kilmister fut un temps un «roadie» sur les tournées de Jimi Hendrix Experience dans les années 1960. En 1972, il rejoignait le groupe de space-rock Hawkwind, qu’il quitte fâché en 1975, pour se lancer dans son propre projet, Motörhead.

Daniel Kreps rappelle aussi la personnalité unique de Lemmy Kilmister, sa coupe de barbe si typique, son obsession des machines à sous, sa collection de memorabilia nazis… Dans sa nécrologie, le journaliste rappelle enfin ce que Lemmy Kilmister écrivait de sa propre mort, dans son autobiographie, White Line Fever: «Les gens ne deviennent pas meilleurs quand ils meurent; on parle simplement d’eux comme s’ils l’avaient été. Mais ce n’est pas vrai! Les gens sont juste encore des trous du cul, juste des trous du cul morts.» L’autobiographie est parue en français, chez Camion blanc et s’appelle «La fièvre de la ligne blanche». Elle n’est pas triste. Sacré Lemmy!