Presque la lune à Saint-Prex. C’est ce que la fondatrice et directrice du festival vaudois, Hazeline van Swaay-Hoog, a voulu. Elle rêvait d’un espace fonctionnel et spectaculaire à la fois qui «ajouterait une dimension architecturale au festival tout en gardant son intimité dans le cadre médiéval du Vieux Bourg». Hier, en fin de matinée, elle a invité la presse à ce spectacle: l’installation par une grue d’un toit gonflable en toile de ­parachute. Ce toit couronnera une salle de 700 places, symbole des ambitions de ce rendez-vous musical de plus en plus en vogue, qui ouvrira ses portes le jeudi 23 août.

Sélène en plein jour

Structure mirobolante, Luna a été conçue par des architectes de l’EPFL. Sa particularité? Elle est composée de deux éléments indépendants. Le premier, ancré dans le sol, s’inspire de la géométrie du théâtre antique d’Epidaure et offre comme ce dernier, annoncent ses concepteurs, une acoustique exceptionnelle pour un open air. Mieux encore, «la typologie de l’amphithéâtre grec permet de dissoudre la frontière entre la scène et la salle et de rapprocher les spectateurs des artistes», souligne l’architecte Dieter Dietz.

Le deuxième élément, lui, c’est la lune, justement, une prouesse technologique. Il faut imaginer un dôme gonflable de 25 mètres de diamètre, posé sur un léger anneau en aluminium et relié à un réseau de câbles imperceptibles. Un dispositif permettra de soulever dans le ciel l’hémisphère en polyamide blanc. Et c’est ainsi que la lune brillera à volonté, de jour, et de nuit. A noter qu’en cas de mauvais temps, le toit peut être rebaissé pour protéger la scène et les spectateurs.

Cette lune-là serait-elle providentielle? Oui, même si la prudence s’impose. Cette année, elle ne se lèvera que quelques fois, à l’aide d’une simple grue, afin de tester le mécanisme et de calculer exactement l’itinéraire de l’hémisphère – histoire qu’elle ne touche pas dans son périple les monuments historiques. Dans sa version finale, à partir de l’édition 2013, la coupole, remplie d’hélium et soutenue par un système de cordage programmé, planera, pendant toute la durée du festival, au-dessus du village.

Facilement démontable, l’ossature de l’amphithéâtre ne laissera aucune trace sur les pierres du Bourg, une fois les représentations terminées. Au sol, ne seront visibles que les marques d’emplacements de poteaux porteurs de l’anneau métallique, recouverts de pavés jusqu’à une nouvelle édition du St Prex Classics.

Nouvel emblème

Et le coût de cet astre? Quelque 2,7 millions de francs, assumés en grande partie par le partenaire principal du festival, Vale International SA. En fin de compte, la lumière de Luna devrait renforcer le rayonnement du St Prex Classics et l’attrait touristique de la région. Mais l’enjeu n’est pas seulement économique, assure la directrice Hazeline van Swaay. «Aux énergies positives du lieu, qui circulent entre le Bourg et l’église romane, nous relions désormais une énergie spirituelle du théâtre antique, en mettant en valeur tout l’ensemble médiéval.»

St Prex Classics, du 23 août au 2 septembre, www.stprexclassics.com