Hybridations sonores à l'enseigne du Miles Davis Hall de Montreux ce mardi soir. Tandis que les Américains de Flaming Lips combineront rock symphonique et bricolages électroniques, que Brendan Benson croisera l'héritage mélodique des Beatles avec les rugosités du rock indépendant US, la délicate Anglaise Beth Orton offrira quant à elle une poignée de rêveries pop voluptueuses. En une synthèse aérée de folk et d'electro, son troisième et dernier album, Daybreaker, a laissé enfin éclater au grand jour le talent de l'auteure-compositrice introspective née dans le comté de Norfolk, où elle dit avoir passé une enfance monacale.

Avec sa voix en apesanteur, celle qui fut régulièrement l'invitée de marque des Chemical Brothers, des atmosphères délétères de Red Snapper et qui a fait tourner la tête à Beck, fait aujourd'hui cavalier seul avec élégance. Et a affiné la dimension onirique d'atmosphères autrefois très versatiles.

Accompagnée dans sa promenade discographie par Ben Watt (Everything But The Girl) et l'ex- guitariste des Smiths Johnny Marr, Beth Orton a créé un univers d'harmonies. Tout en privilégiant les dégradés de couleurs, les pleins et les déliés, son timbre un brin mélancolique, proche de celui de Suzanne Vega et Fiona Apple, fait défiler titres émouvants et douces ballades, fait savamment alterner zones de pénombre et de lumière vive. Réminiscences country et soul se mêlent encore aux touches de pop et d'électronique dans ce qui s'apparente le plus souvent à un mariage de déraison. Dépouillées ou magnifiées par des orchestrations de cordes et de percussions, les chansons de Beth Orton s'apparentent à de prodigieux sortilèges. Dont les effets se mesurent souvent à son ton ensorcelant.

Beth Orton, Brendan Benson et Flaming Lips, Miles Davis Hall, Montreux Jazz Festival, 8 juillet à 21h.