Le reflet des guirlandes serpente sur la carrosserie d’une voiture. C’est tout ce qu’on verra de Noël. Car à Roubaix, 75% de zones classées à risques, taux de chômage de 45%, la Douce Nuit est aussi lugubre que les autres avec ses bagnoles brûlées et ses bagarres. Le commissaire Daoud (Roschdy Zem) mène l’enquête sur un incendie criminel.

Depuis La Sentinelle (1992), Arnaud Desplechin, le plus passionnant des cinéastes français, creuse la veine d’une autofiction fantasmatique, qu’il interrompt parfois pour une virée vers un film en costume (Esther Kahn) ou un western psychanalytique (Jimmy P.). Aujourd’hui, il retourne à Roubaix, sa ville natale, pour dévoiler le contrechamp d’Un Conte de Noël, son plus beau film. Plus de maison familiale rassurante, mais la rue, le froid, la dèche…