«Bonjour, c’est Léo. Je ne vous dérange pas?» La voix est douce, les manières d’une politesse qu’on rencontre peu chez les jeunes artistes brusquement passés, comme c’est son cas, de l’anonymat à la célébrité. Imaginez: il y a cinq ans encore, Léo Walk était ce danseur rompu aux street shows, coincé dans une existence «pas ouf», comme il dit. Aujourd’hui, c’est le contraire. Marques haut de gamme, stars de la variété (Roméo Elvis, Julien Granel, etc.) ou raouts télévisés, tous lui courent après. «Il n’y a pas de quoi perdre la tête, élude-t-il. Je me souviens de m’être saigné il n’y a pas si longtemps dans des battles pour un billet.» Son itinéraire se conte dans Première Ride, spectacle poétique entre hip-hop et contemporain.

«Danser, c’est toujours autobiographique, dit-il. Par exemple, là je suis en Normandie pour un break. Et même si je ne fais rien, ce que je vis nourrira de futurs mouvements.» Derrière lui, on peut entendre les bruissements de la nature, le passage d’un tracteur, puis la voix de Marion Motin, amie et chorégraphe capée (Madonna, Stromae) qui l’accueille quelques jours chez elle afin qu'il se retape. Léo Walk est crevé. On peut comprendre: pour ne pas avoir levé le pied depuis deux ans, enchaînant campagnes publicitaires nationales, amours médiatisées, lancement d’une marque de street wear (Walk in Paris) et création de sa compagnie, La Marche Bleue, le gosse du Val-de-Marne marque exceptionnellement le pas.