Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le musicien Léon Francioli s'était mis au piano, en février 2015, lors d'une cérémonie en souvenir de l’écrivain, journaliste et réalisatrice Anne Cuneo.
© CHRISTIAN BRUN

Disparition

Léon Francioli, la contrebasse en berne 

Le jazzman lausannois est décédé des suites d’un cancer à l’âge de 69 ans

«L’imprévu et l’imprévisible érigés en système, Francioli œuvre pour le dépassement de la notion même d’instrument, envisageant les siens comme champs d’actions sonores, ce qui rend ses concerts particulièrement spectaculaires.» Voilà ce que dit de lui le «Dictionnaire du jazz», (Ed. Robert Laffont, 1988). Décédé mercredi des suites d’un cancer, à l’âge de 69 ans, le contrebassiste Léon Francioli était une figure de la scène romande, respectée pour son intégrité et aimée pour sa truculence.

«Il avait un côté Marx Brothers drôle à mourir, du Zouc musical, et, en même temps, il était capable de mélodies à pisser de tristesse», s’est souvenu le chanteur Pascal Auberson dans les colonnes du quotidien «24 Heures», qui a annoncé la triste nouvelle sur son site. Expérimentateur-né, capable de caresser sa contrebasse mais aussi de la marteler pour jouer sur les vibrations autant que sur les sons, Léon Francioli avait étudié la basse et le piano au Conservatoire de Lausanne, avant de débuter au sein de la formation de rock instrumental Les Aiglons, qui connut son heure de gloire à l’époque des yéyé. En 1970, il enregistre son premier disque sous son nom, avant d’accompagner sur scène Michel Portal.

Ce sera ensuite l’aventure BBFC, qui portera haut les couleurs du free jazz, du plaisir de triturer les notes bleues. BBFC pour Bovard-Bourquin-Francioli-Clerc. Avec le saxophoniste Daniel Bourquin, dit Nunusse, ce sera le début d’un long compagnonnage. «Je les ai rencontrés en 1999 pour un documentaire que je souhaitais tourner sur Alex Theus («Répétition(s)!» disponible gratuitement sur la plate-forme Vimeo, ndlr), et sur lequel ils se sont en quelque sorte invités, raconte le réalisateur François Boetschi. Léon était grande gueule et timide, passionnant et barbant, con et adorable, irritant et attachant, doux et amer. Il aimait se la jouer, genre «je suis un de ces personnages comme on n’en fait plus». Mais finalement, il devait bien l’être, un de ces personnages comme on n’en fait plus. J’ai vu une large palette de couleurs, avec lui et Nunusse, quand plus tard on a tourné «Une Chienne catalane» (également sur Vimeo). J’en ai bu aussi, mais là deux couleurs primaires principalement, il faut le dire… Je pense que Léon a voulu mettre dans ce film onirique et musical la somme de ses obsessions, désirs, délires, fantasmes et peurs.»

Tout au long de sa carrière, le contrebassiste n’aura eu de cesse d’improviser, d’expérimenter, de surprendre et de collaborer. Avec d’autres jazzmen, mais aussi des chanteurs, comme Pascal Auberson ou Stéphane Blok, et des comédiens, tel Jacques Roman, dont il avait notamment accompagné une lecture marathon de Lautréamont avec une musique qu’il qualifiait simplement d’«organisation de bruits et de sons». Car s’il détestait bien une chose, c’était se prendre trop au sérieux.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Comment faire peur au cinéma?

Du «Voyage sur la Lune» à «La nonne» en passant par le «Projet blair witch»: comment le film d'épouvante est-il né et comment ses codes ont-ils évolué au fil du temps? Décryptage en images

Comment faire peur au cinéma?

n/a