Il était attendu depuis longtemps, alors il commence à l'heure. Air de première à Montreux, mardi. On interdit aux retardataires de s'introduire pendant les chansons. «Il y a une faille en toutes choses/C'est par là que la lumière entre», dit le dernier texte avant l'entracte. Leonard Cohen est un monsieur chapeauté, pas de cravate mais le col boutonné jusqu'au plus haut - l'élégante allure de l'immigré perpétuel. Il introduit des mandolines, du sirtaki, une clarinette, l'odeur salée de la Méditerranée.

La voix, encore plus grave, qui fait vibrer le bois de Stravinski. Il ouvre sur «Dance me to the End of Love». Poursuit avec «The Future», «Ain't No Cure for Love», «Bird on the Wire», «In My Secret Life», «Everybody Knows». A peu de choses près, l'ordre désormais classique de cette tournée préméditée. Il annonce une pause, dans un français de Montréalais. Le sentiment, à Montreux, cette nuit-ci, que les ombres s'allongent. Vers 22 heures, après «Tower of Songs», «Avalanche» et «Suzanne», il chante encore. Pour longtemps.