C’est un brin surréaliste et pourtant vrai. Notre rencontre avec Leonardo Padura s’est déroulée dans le cadre un peu austère d’un hôtel morgien encore en travaux. On nous avait réservé une salle entièrement vide fleurant la peinture fraîche, au milieu de laquelle frissonnaient une petite table et deux chaises. Le grand écrivain cubain est arrivé impassible et bienveillant dans ce décor improvisé. Seuls visiblement comptaient pour lui la rencontre et le plaisir de parler de Poussière dans le vent, son nouveau roman. Il comptait ne pas évoquer uniquement Cuba, cette île où il vit depuis sa naissance, le 9 octobre 1955.