Leonardo Sciascia

Portraits d'écrivains

Trad. de Mario Fusco

Fayard, 190 p.

L'éditeur des Œuvres complètes de Sciascia (deux volumes déjà parus, un troisième prévu cette année) donne ici à lire un ensemble de textes, préfaces et études inédites rédigées pour accompagner la réédition ou la traduction de certains auteurs chez des éditeurs italiens. C'est un témoignage de la diversité des intérêts de Sciascia, grand connaisseur de Voltaire, découvreur de Borges et admirateur de pas mal d'écrivains siciliens parmi lesquels Brancati (l'auteur du Bel Antonio), le critique Borgese dont il offre un superbe portrait à travers ses lettres de jeunesse,

Federico de Roberto (Les Vice-Rois), Lampedusa (Le Guépard) et d'autres. Ces textes, qui s'adressaient à l'origine à des interlocuteurs un tant soit peu avertis, n'obéissent à aucun souci pédagogique. Grand lecteur lui-même, Sciascia procède souvent par comparaison: il rapproche l'art de la conversation de Savinio de celui de Borges, met en parallèle le thème de l'impuissance chez Brancati et chez Stendhal ou décrit Maria Messina (redécouverte par Actes Sud) comme une Mansfield sicilienne. Avec lui, en somme, la culture fait toujours tache d'huile.