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Leonidas Kavakos, soliste aussi inspiré que chef inspirant.
© Jan-Olav Wedin

Classique

Leonidas Kavakos, tout feu tout flamme

Le célèbre violoniste a dirigé l’OSR pour la première fois, de son violon et à la baguette. Belle entente 

Soliste ou chef, faut-il choisir? Certainement pas, pour Leonidas Kavakos: le violoniste prend la baguette depuis plusieurs années devant de grands orchestres internationaux. Déjà invité à l’OSR en tant que soliste, le virtuose de l’archet est revenu sur l’estrade genevoise pour présenter un programme aussi séduisant qu’intelligent.

Pour la finesse de jeu: Mozart et son 5e Concerto KV 219, bijou de délicatesse, d’humour et de références folkloriques d’un compositeur aguerri de 19 ans… L’esprit de musique de chambre gagne les pupitres de l’orchestre en formation réduite, et on déguste avec bonheur une écoute réciproque d’une finesse remarquable.

Paradoxes et contraintes 

Les musiciens suivent le soliste au soupir près, à la moindre intonation, toutes nuances en osmose, livrant une palette de couleurs très variée. Sans l’intermédiaire d’un chef «extérieur», les gestes et les sensibilités se libèrent et s’expriment en lien direct avec l’interprète, il faut dire, particulièrement inspirant.

Dans la Sarabande de la 2e Partita de Bach donnée en bis, les couleurs citronnées du Stradivarius «Willemotte» de 1734 s’ambrent et s’approfondissent tout en touchant une pureté aérienne. Une des particularités du jeu de Leonidas Kavakos réside dans sa capacité à manier les paradoxes et à marier les contraires avec une grâce décomplexée.

Le feu s’allie à la fraîcheur, l’élégance au lyrisme, l’emportement à l’angélisme, la profondeur d’attaques en fond de corde au rayonnement de notes jouées quasiment en harmonique, sans vibrato…

On retrouve ces qualités et ces libertés musicales dans les parties symphoniques du programme. Avec les Images hongroises, Bartok respire l’enfance et le jeu, et les Tableaux d’une exposition de Moussorgski vibrent de vie et d’une incroyable intensité de narration.

Leonidas Kavakos sort l’œuvre de son cadre pour en livrer une vision gorgée de sève et éclairer chaque mouvement et chaque partie de l’orchestre d’une lumière vive. Les chefs de pupitres donnent le meilleur, suivis par des collègues soudés au corps à corps dans le flux sonore. Enivrant.

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