Fin des années 1960, début des années 1970, la rupture est radicale. Le changement néanmoins est général et se constate aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe. Il a trait à l'intrusion de la vie courante dans l'imagerie artistique. C'est le Pop'Art, l'Hyperréalisme, la Nouvelle Figuration (en France). Fondé en 1965 à Valence par Rafael Solbes, Manolo Valdes et Juan Toledo – ce dernier le quittant rapidement – le groupe Equipo Crónica recourt au réalisme pictural mais pour une critique aussi bien de la société de consommation que du régime franquiste, et du rôle lénifiant de la tradition picturale. L'originalité de leur démarche tient à l'amalgame qu'ils réussissent entre BD, pastiche de chefs-d'œuvre de l'art, éléments du quotidien et graphisme publicitaire. Effet percutant. En même temps qu'ils démontent les codes de la représentation, ils s'inscrivent – comme le peintre Eduardo Arroyo, exilé volontaire en France – dans la dénonciation de la dictature, non seulement politique mais aussi des genres artistiques. C'est d'ailleurs la fin d'une époque. Le 8 avril 1973, Picasso meurt. La démocratie est restaurée en 1975. Et l'aventure d'Equipo Crónica s'achève elle-même brutalement en 1981 avec la disparition de Rafael Solbes à 41 ans.