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Claude Ratzé rêve son festival plus sensuel que par le passé à l’image de la nouvelle identité visuelle de la manifestation.
© TWICE STUDIO

Scène

L'érotisme, carte maîtresse de La Bâtie

Directeur tout frais du festival genevois, Claude Ratzé a dévoilé une ligne qu’il veut chaleureuse, coquine et juvénile

Que la chère ne soit jamais triste. Oui, celle qui ravit le palais et envoie dans les cordes les champions des régimes Weight Watchers. Nouveau directeur du festival La Bâtie à Genève, Claude Ratzé n’est pas adepte de la petite graine. Il veut régaler le public dès le 30 août et jusqu’au 16 septembre, avec un restaurant – sa patte à lui qui, avant de diriger l’Association pour la danse contemporaine, a dompté poêles et marmites. Jeudi matin, il a donc offert à la presse, en guise de lever de rideau, un petit-déjeuner hédoniste, avec dégustation de millefeuilles.

Trois jeunes conseillers artistiques

Marquer l’entrée dans une autre ère. Tel était l’enjeu de cette mise en bouche, avant une présentation détaillée du programme en juin. Claude Ratzé aurait de la peine à incarner le changement, après le règne d’Alya Stürenburg Rossi? Il désamorce la critique en annonçant la constitution d’un groupe de conseillers artistiques juvéniles. Ils sont là, justement: Tiphaine Carrère, Neil Galuba et David La Sala composent cet aréopage. La première devrait développer des stratégies pour attirer un public que la culture intimide, le second orientera les pistes musicales, le dernier soufflera ses conseils en matière de théâtre.

Les écoles d’art entrent en piste

Révolution en vue? Non. Inflexion maligne plutôt. Avec une série de nouveautés. Un club d’abord, chaperonné par Neil Galuba, qui promet des soirées technos, africaines, etc. Un lien inédit ensuite avec les écoles de la région, la Haute Ecole des arts de la scène à Lausanne en particulier, mais aussi la HEAD à Genève. Des diplômés en danse ou en théâtre seront ainsi appelés à montrer de quel bois ils se chauffent. La relève musicale locale aura, elle, l’occasion d’électriser les professionnels.

Une poétesse saoudienne star

C’est ce qu’on appelle insuffler du sang frais. Côté ligne, Claude Ratzé et son adjointe Julie Decarroux-Dougoud renoncent au principe de l’artiste invité autour duquel gravitait une partie de la programmation. Mais ils restent fidèles à une certaine avant-garde, dont les héros annoncés s’appellent La Ribot, la comédienne Laetitia Dosch qui devrait dompter un mustang sur scène, le cinéaste et metteur en scène iranien Amir Reza Koohestani, la poétesse saoudienne Hissa Hilal – une star dans son pays.

La carte de l’érotisme

«La Bâtie sera à l’image de vos millefeuilles, gourmande, solide et onctueuse», s’est amusé Claude Ratzé. Son festival, il le rêve plus sensuel que par le passé à l’image de la nouvelle identité visuelle de la manifestation. Mais aussi plus coquin. Il annonce une veine «kinky Bâtie», mais pas «porn», réservée à un public averti prêt à perdre la tête – un peu – pour un geste, l’équivoque d’un mouvement, le feu d’un signe. Spécialiste du genre, la danseuse danoise Mette Ingvartsen présentera ainsi 21 pornographies. La Bâtie se déshabille. A l’image de sa cousine hivernale Antigel, elle draguera aussi la France voisine avec des spectacles à Saint-Genis-Pouilly, Ville-la-Grand, etc. Qui a dit que la chair était triste au bout du Léman?

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