Dans quelques jours, la station Mir ne sera plus qu'une pluie (fine, espèrent les Terriens) de fragments de l'histoire astronautique. L'ISS, qui prend la relève, montre que la station spatiale ne retourne pas pour autant dans les ouvrages de SF. Le voyage spatial et l'installation durable dans l'espace forment, et pour cause, une grande part du catalogue d'idées adressées à l'ESA.

Le mode de propulsion des futurs vaisseaux voit fleurir les suggestions: magnétique, par antimatière, en recourant à la force gravitationnelle de certaines planètes, etc. Les usages des stations spatiales sont aussi nombreux: en 1950, Isaac Asimov pensait qu'elles pourraient non seulement fonctionner à l'énergie solaire, mais en transmettre à la Terre, ce qui est tout de même plus poétique qu'une centrale nucléaire. Les auteurs se soucient des aménagements: l'un d'eux propose de peindre de couleurs vives les murs des stations et des vaisseaux afin de remonter le moral des cosmonautes; Robert Heinlein estime que si les stations ne comportent pas d'étages, il faut en suggérer avec des lumières indirectes.

Pour restaurer la gravité, un écrivain suggère une sorte de succion permanente exercée au niveau du sol. Un autre reprend l'idée pour résoudre le problème des futurs cendriers de l'espace, «mais il est peu probable qu'il soit permis de fumer dans les stations», note le rapporteur. Les domaines de recherche en apesanteur sont innombrables: matériaux, expériences sur les végétaux et animaux, traitements pharmaceutiques, énergies…

Pour acheminer des vivres et ramener des produits ou des minerais d'un point en orbite, des auteurs ont imaginé l'ascenseur spatial, qui bute sur le fait que d'immenses structures flexibles et solides, comme les câbles nécessaires, sont encore irréalisables. Plus ambitieux mais possible, d'après James Blish et Alfred Bester: les villes spatiales, bâties sur une surface plane couverte d'un dôme.