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Le Badi d’Oberer Letten, le préféré de notre chroniqueuse.
© Badi-Info.ch

Un été à Zurich (1/7)

L'esprit de la Limmat 

Vue des berges, la cité de Zwingli prend des airs de jungle hédoniste. Chaque vendredi de l’été, notre correspondante se plonge dans les us et coutumes zurichois

Oubliez la Bahnhofstrasse. C’est des berges qu’il faut voir Zurich, ville de lacustres. La douzaine de bains publics au bord du lac et de la rivière suffit à peine à accueillir tous les citadins en maillot de bain. C’est sûr, je passerai l’été avec une serviette dans le tiroir de mon bureau.

A chacun son Badi. Artistes et intellectuels déambulent au chic Utoquai, à deux pas de l’opéra. De l’autre côté du lac, les familles s’étalent sur la plage du Mythenquai. Niché dans la vieille ville, le pavillon en bois du Frauenbad est réservé à la gent féminine. Les juifs orthodoxes se retrouvent au Männerbad de Schanzengraben, à l’ombre de l’ancien mur fortifié. Le soir, ces deux établissements sexistes se transforment en bars sexy ouverts à tous, filles ou garçons. Mon préféré: Oberer Letten, pour observer le défilé de créatures tatouées, dans un mélange de m’as-tu-vu, d’effluves de saucisse grillée et de rythmes électroniques.

Sur les rives de la Limmat, la ville des trams toujours à l’heure, des gens pressés et des piles de papier ficelés révèle un autre visage. Les codes se brouillent. Zurich la nordique prend des airs de jungle hédoniste. Des hordes d’ados se jettent des ponts. Seuls les nageurs aguerris se laissent porter par le courant là où l’eau est la plus basse, frôlant les pierres qui tapissent le fond de la rivière, ou remontent à contresens, agrippés à des cordes. Des funambules rallient les deux rives sur des slacklines.

Les autorités ont bien tenté d’instaurer une interdiction de prendre des photos. Heureusement cette règle, comme d’autres, ne résiste pas à l’esprit de la Limmat. A l’ouest de la ville, une bannière tendue au-dessus de la rivière avertit le baigneur en lettres capitales: «Dernière sortie.» Plus loin, un grillage barre le passage vers une usine électrique. Les courants sont si puissants que certains n’en sont jamais revenus vivants, paraît-il. Sortir à temps, c’est la seule loi qui vaille dans la rivière.

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