Depuis février dernier, le Musée d'ethnographie de Neuchâtel a basculé le contenu de sa base de données sur Internet. 20 000 objets, sur les 35 000 que comprend la collection, sont consultables (ne.ch/neuchatel/men) par tout un chacun. «Pour Internet, les musées préfèrent souvent faire une sélection des belles pièces en leur possession. Dans un souci de clarté, nous avons choisis l'accès direct et complet à notre base.» Cette accessibilité des collections ethnographiques prend des dimensions politiques dans le débat, souvent tendu, qui existe entre pays d'origine des objets et musées, occidentaux pour la plupart. Les premiers réclament la restitution des biens; les seconds rechignent.

Position colonialiste

«Le débat tourne autour de la propriété des objets. Dire que les musées sont les propriétaires est en soi une position colonialiste mais, d'un autre côté, la restitution pour la restitution peut avoir des effets encore plus dommageables que la non-restitution. Permettre de situer les collections ethnographiques, par Internet, est déjà un pas en avant. Il s'agit d'assumer notre histoire coloniale et de l'expliquer. Et surtout de ne pas maintenir les objets loin des regards», explique Marc-Olivier Gonseth, conservateur adjoint au Musée de Neuchâtel.

La Ville de Genève prépare également la mise sur le réseau de ses musées. Le projet Musinfo (ville-ge.ch/musinfo/) réunit le Musée d'ethnographie, le Musée d'art et d'histoire, le Muséum d'histoire naturelle et les Conservatoire et Jardin botaniques. Les quatre institutions disposent déjà de bases de données en réseau sur l'intranet de la Ville. Son ouverture au grand public est prévue, dans l'idéal, pour début 2002. La base du Conservatoire botanique comprend, à elle seule, 1 million de données…