Une vie comme dans un roman. Yasmina Khadra est enfant soldat chez les cadets de Tlemcen. Il deviendra le commandant Mollessehoul, traqueur d'islamistes qui, au nom de Dieu, tuent. Mais il a caché ses amours pour la littérature, «cette sublime charité humaine». Il a lu Dostoïevski, Camus, Steinbeck dans ses casernes. Mieux, il écrit. Les gradés l'humilient pour ses «gribouillages d'attardé». Il signe Yasmina Khadra (nom de sa femme) pour brouiller les pistes. La rumeur encense vite ses polars dont le personnage central, le commissaire Llob, grand cœur mais humeur maussade, inspecte un pays «aux plaies innommables au ventre, au cœur, à la tête». Une autre vie commence en 2000 que Bernard Pivot lui-même annonce en révélant que Yasmina Khadra n'est autre qu'un militaire algérien. Le commandant Mollessehoul quitte l'armée, conserve son pseudonyme en hommage à son épouse et devient l'écrivain algérien le plus lu et le plus traduit à travers le monde. Il a écrit Les Hirondelles de Kaboul , gros succès aux Etats-Unis, et vient de faire paraître L'Attentat , où il est question d'Israël, des pays arabes et du terrorisme.