Collectif. Les Poètes français de la Renaissance et Pétrarque. Etudes réunies par Jean Balsamo. Librairie Droz, 519 p.

L'image sur laquelle s'ouvre le livre résume l'ensemble du projet et son importance. Elle reproduit un tableau de Jean Clouet (1485-1541), L'Homme au Pétrarque, dans lequel un inconnu au regard lointain, au port distingué, tient serré dans ses mains,

l'une gantée l'autre non, un recueil qu'il vient de refermer. Elle raconte combien le poète toscan né en 1304, mort en 1374, fut passionnément lu et extraordinairement aimé de l'Europe lettrée entière. Or voici qu'un ouvrage étudie son influence, Les Poètes français de la Renaissance et Pétrarque, constitué de trente et une contributions de vingt-sept chercheurs seiziémistes réunies par Jean Balsamo, professeur à l'Université de Reims.

On sait le rôle fondateur joué par l'auteur du Canzoniere dans la formation des langues vernaculaires et les effets de sa poésie sur la culture de cour qui, en France, en Angleterre, en Espagne, sans parler de l'Italie, fit du sonnet la forme unificatrice par excellence. La diffusion de son œuvre bien au-delà de sa région, la Provence et la péninsule, et bien au-delà de son temps, représente un phénomène éditorial de très vaste échelle dont, indique en passant Jean Balsamo, l'histoire reste à faire.

Ce livre, qui remet en mémoire nombre de pétrarquisants à la renommée estompée par celles des grandes figures de la Pléiade, participe d'un plus vaste dessein puisqu'il inaugure une collection, Textes et travaux de la Fondation Barbier-Mueller pour l'étude de la poésie italienne de la Renaissance. Installée depuis 1997 à la Faculté des lettres de l'Université de Genève, cette fondation, placée sous la présidence du professeur Michel Jeanneret, s'est donné pour tâche de faire connaître la lyrique italienne du XVIe siècle et, pour ce faire, tente de regrouper le nombre le plus élevé possible d'éditions de l'époque.

Sa collection, d'abord issue de la bibliothèque personnelle de son mécène, le Genevois Jean-Paul Barbier-Mueller, compte quelque 430 ouvrages publiés depuis les débuts de l'imprimerie jusque vers 1600, dont plusieurs très précieux pour leur beauté typographique, pour leur reliure, et d'autres pour leur rareté; cet ensemble s'accroît régulièrement. La fondation édite en outre chez Droz la revue annuelle Italiques dirigée par Guglielmo Gorni, de l'Université de Rome, aujourd'hui parvenue à son septième volume. D'autres projets se profilent, qui, à partir du fonds réuni, mettront à la disposition des spécialistes et amateurs des éditions critiques bilingues de poètes italiens trop discrètement connus jusqu'ici.