En vitrine

«L’Exil des renards», de Mira Wladir

Elle marche, elle avance, elle écarte les broussailles, la poésie de Mira Wladir. Et elle capte l’imaginaire. Après Solaire intifada (Empreintes, 2008), la philosophe, née en 1959, installée dans le Doubs près de Besançon, livre L’Exil des renards. On y trouve de l’incantation douce, celle que l’on murmure par-devers soi, tout au long de l’enfance, sur des rythmes entêtants. Comme emporté dans une ronde, une farandole, on escalade les chemins et les vers qui basculent d’un coup dans le silence, syncopes étranges qui font retenir le souffle. Mira Wladir envisage les fuites possibles, laisse venir la douleur, remarque les renards et les renardes, héros incontestés du bestiaire et des souvenirs. On sent l’été et les herbes. Le désir. Et l’on reprend la marche, à travers villes, à travers champs. Il s’agit peut-être de goûter l’exil, de soi-même, de son corps, des corps perdus. Et de vivre.

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