Le projet d'une nouvelle aile du Musée des beaux-arts de Berne, destinée à l'art contemporain, est remis en cause. Car le choix finalement retenu déplaît au mécène, le Dr. Hansjörg Wyss, qui menace de retirer sa donation de 20millions de francs. Ce n'est jamais qu'une volte de plus dans une valse-hésitation qui est loin d'être due à ses seules lubies.

Initialement, l'extension du Kunstmuseum était prévue dans un bâtiment existant, de l'autre côté de la rue. Et c'est à cette occasion que le Dr.Hansjörg Wyss fait sa proposition de don, pour l'adaptation et la reconversion du bâtiment. Mais la commission des sites impose tant de contraintes que cette réalisation en devient inconcevable.

Première réorientation

Suite à cette situation, la direction du musée change d'option et décide de construire une nouvelle aile sur sa propre parcelle. Le mécène fait savoir que, malgré cette réorientation, il est toujours partant. Un concours d'architecture avec jury patenté est donc lancé. Ses résultats ont été rendus publics en décembre dernier. Et la fondation du Musée des beaux-arts s'est vue invitée à confier le mandat de la réalisation au projet an_gebaut du bureau bâlois Cédric Bachelard. Elégant et peu coûteux, le projet avait le défaut de venir s'accoler directement contre la façade arrière du bâtiment principal.

Des problèmes allaient donc inévitablement surgir avec les Monuments historiques. Et plutôt que d'affiner son argumentaire, le Conseil de fondation du musée a préféré, ce lundi 23 avril, confier le mandat au projet du 2e rang, Scala, des deux architectes tessinois Nicola Baserga et Christian Mozzetti. Celui-ci a l'avantage de proposer une structure séparée du bâtiment par une esplanade. Mais cette décision a fait réagir le mécène.

Procédé inacceptable

Bernois installé aux Etats-Unis, le Dr.Hansjörg Wyss a qualifié, mardi sur les ondes de la radio alémanique DSR, «d'inacceptable le procédé du Conseil de fondation du Musée des beaux-arts». Il l'a aussi confirmé par écrit au musée mais n'a toutefois pas retiré officiellement les 20 millions destinés à l'agrandissement. Peut-être même y a-t-il quiproquo. Et la direction du musée veut s'employer à dissiper le «malentendu».