Radio-TV

A l’heure du bilan, Gilles Marchand vante la résilience de la RTS

En quinze ans, alors que le paysage médiatique a éclaté, la radio-TV romande a gardé sa place centrale, souligne le patron de la RTS, qui va diriger la SSR. En 2016, l’écoute de la radio a baissé, la TV reste stable

Quand Gilles Marchand, le patron de la RTS, fait son bilan, c’est pour se vanter de chiffres qui n’ont pas changé. Jeudi face aux journalistes, et pour les internautes en direct, il a montré deux pourcentages datant de 2001, lorsqu’il a pris la tête de la radio-TV romande, et de l’année passée. 2001: 36,2%; 2016: 34%. C’est la part de marché des chaînes de RTS Un et Deux.

Il n’y a presque aucune variation, alors que le paysage médiatique a été bouleversé durant ces quinze ans, passant de 33 à 400 chaînes disponibles, avec en sus la révolution du Web. «Je ne suis pas sûr qu’il existe un autre domaine ayant connu une telle explosion concurrentielle», lance Gilles Marchand. Dès octobre, il dirigera la maison-mère, la SSR. Le nom de son successeur sera dévoilé en avril.

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Supprimer Option musique? «Une catastrophe»

A l’heure du bilan de 2016, et de quinze années, le patron met ainsi en avant la résilience du média public romand. Alors que la nébuleuse médiatique semble en expansion constante, que les publics éclatent en autant de galaxies, la RTS demeure au centre de son univers régional. La radio connaît une baisse de la durée d’écoute, mais les chaînes de la RTS écrasent toujours le paysage, avec près de 60% de part de marché. Evoquée par certains élus, la suppression d’Option musique «serait une catastrophe, privant les artistes romands d’une scène importante, et ouvrant la voie à un développement massif de Nostalgie», prévient le directeur – voir l'ensemble des tableaux et chiffres de la RTS sur cette page.

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La consommation de télé ne baisse pas

Contrairement à ce qui se dit souvent, la consommation de télé – toutes chaînes confondues – n’a presque pas bougé ces dernières années, passant de 141 à 144 minutes par jour entre 2013 et en 2016, avec une baisse du direct et une hausse du rattrapage. La RTS domine l’audience sur toutes les tranches d’âge. Elle affiche donc 34% de part de marché, suivie par une nébuleuse d’autres chaînes, les petites (34% en tout), TF1 (10%), M6 avec 9%, France 2 à 6%, France 3 avec 4%.

TV et radios publiques parviennent à s’immiscer dans le flux des mobiles, elles génèrent 7,5 millions de lancements (vidéo ou son) par mois, et le site vient juste après «20 minutes» en termes d’audience. Ses responsables revendiquent 11 millions de visites mensuelles. «Le Temps», qui est payant, en compte 1,1 million. La RTS arrive à toucher un peu plus les 13-24 ans grâce à YouTube, et sa production web «Animalis» a connu un bon succès sur Facebook.

Des polémiques loin des programmes

Dans le numérique, Gilles Marchand quittera Genève pour Berne le sourire en coin: «Nouvo», les capsules d’info qui visent le jeune public, deviennent désormais nationales, elles seront produites dans les quatre langues du pays ainsi qu’en anglais. En gardant leur «ton assumé» dit la responsable Nathalie Ducommun, questionnée à propos des commentaires de gens de droite ulcérés par l’orientation manifeste de certains traitements de «Nouvo». Elle revendique «un regard sur l’actualité qui ouvre au débat, qui peut titiller des valeurs de droite comme de gauche».

Des polémiques? C’est bien ce qui va agiter Gilles Marchand dès la semaine prochaine, avec des débats aux Chambres sur le périmètre de la SSR. Ainsi, le patron brandit les bons chiffres de la RTS comme un parapluie avant la tempête. Et il dit son amertume, que la discussion actuelle, parfois violente en Suisse alémanique, «porte sur la coexistence des médias en Suisse, et d’éventuelles réductions pour nous. Mais elle occulte la dimension programmatique.» On ne parle pas de qualité des émissions, ou des audiences, regrette-t-il. Pas sûr qu’à la tête de la SSR, il arrive à déplacer le propos ces prochaines années.

Notre dernier éditorial sur le sujet: SSR, l’urgence d’un débat sérieux


Les nouveaux programmes: de Maïtena Biraben à une marche Léman-Méditérannée

A la tête des domaines société et culture à la RTS, Philippa de Roten annonce une «réforme générale de Couleur 3» à l’automne. D’ici là, mercredi prochain, elle dévoilera un film sur lequel la chaîne mise gros, La Lumière de l’espoir, de Sylvia Quer avec Noémie Schmidt, histoire vraie d’une infirmière zurichoise partie aider des femmes espagnoles exilées dans le sud de la France en 1942. La RTS annonce aussi un passage de Maïtena Biraben, enfant de la maison avec «Ça colle et c’est piquant» dans les années 1990, qui réalisera des grandes interviews pour une série d’été.

Dans le documentaire, Irène Challand, la responsable, mise sur les feuilletons, tendance de fond. Dès le début juin, «Les Apprentis» suivra le quotidien de cinq jeunes en formation. Des opérations plus ponctuelles, avec films et débats «Infrarouge» ensuite, porteront sur la course, avec le film Free To Run, le 22 mars, et un hommage à Jean-Pascal Delamuraz, en mai.

De leur côté, les gens aux commandes de «Passe-moi les jumelles» préparent une grande traversée des Alpes, à pied, du Léman jusqu’à la Méditerranée. Enfin, la chaîne prépare un télécrochet sur la danse, avec des amateurs de la région qui s’affronteront.

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