La noblesse du livre contre les transats de la plage. Le président du Conseil d’Etat François Longchamp l’a annoncé mercredi à l’occasion du point presse traditionnel qui suit la séance des Conseillers d’Etat. La Fondation Bodmer, ce temple de l’esprit à Cologny, sera à l’avenir soutenue par le canton et des privés. La commune de Cologny, elle, se retire – mais elle transfère sa subvention au canton, dans le cadre de la péréquation. Le canton, lui, ne portera plus ses épaules Genève-Plage. Ce sont les Colognotes qui financeront seuls cette oasis – l’Etat transférant le montant qu’il allouait à la commune.

Cet échange est l’un des résultats de la répartition des tâches en matière culturelle décidée par le canton, la Ville et les communes. En novembre, cet accord faisait l’objet d’une déclaration conjointe (lire aussi LT du 18 novembre). C’est désormais un projet de loi. L’enjeu? Désenchevêtrer le secteur, c’est-à-dire éviter les doublons. En clair et en gros, les scènes sises sur le territoire de la Ville – dont la Nouvelle Comédie – reviendront à la ville. Tout comme l’aide à la création. La politique du livre, elle, sera du ressort du canton. Cette nouvelle cartographie a l’avantage de la clarté aux yeux des édiles. Même si elle est contestée.

Et le Théâtre de Carouge qui était cofinancé par le canton? Il verra ce dernier se retirer – non sans transférer sa subvention. Reste le cas du Grand Théâtre. L’institution est municipale certes, mais beaucoup, dont François Longchamp, estiment absurde que la seule Ville finance la scène lyrique. Le canton serait prêt à la suppléer. Pas sûr que les syndicats d’un personnel en partie municipalisé apprécient la manœuvre. La bataille du Grand Théâtre promet.