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Pietro Perugino (1450-1523), «Etude de figures» (détail), vers 1486. Pointe de métal, rehauts de gouache blanche sur papier coloré et préparé en brun (recto); fusain et rehauts en craie blanche (verso), feuille 198 x 280 mm.
© DR

Exposition

L’homme au cœur du dessin

Le Cabinet d’arts graphiques de Genève livre des feuilles de la collection Lambert Krahe. Des dessins datant de la Renaissance italienne dont l’audace – dans la représentation de la figure humaine – éblouit

Des loupes à disposition, et surtout un œil attentif: l’exposition d’une centaine de dessins de la Renaissance italienne à Genève est visuellement exigeante, mais remarquablement généreuse en contrepartie.

Signées de noms qui pour beaucoup ne diront rien aux amateurs occasionnels, et de quelques autres aussi célèbres que le Pérugin ou Véronèse, les feuilles livrent surtout des exemples de l’extraordinaire variété de traitements et de solutions mis en œuvre par les artistes des XVe et XVIe siècles en Occident – en Italie plus précisément. Ce qui frappe, dans cette démonstration des possibilités de l’art du dessin, c’est l’élan et les audaces des peintres, lorsqu’il s’agit de représenter la figure humaine essentiellement.

Lire aussi: L’art du papier décomplexé

Drapés au tombé naturel

L’exposition est disposée par thèmes – le portrait, le corps, les drapés ou les études de composition – plutôt que suivant les écoles régionales. Choix judicieux des commissaires d’exposition, Christian Rümelin pour Genève et Sonja Brink à Düsseldorf, qui respecte le jeu des échanges favorisés par la grande mobilité des artistes à l’époque, et offre un véritable panorama de la pensée humaniste.

L’idée est de faire contraster le dynamisme et ce qu’on pourrait appeler la modernité des compositions avec le côté plus rigide, et codifié, de l’art religieux médiéval, virtuellement confronté à ces dessins de la Renaissance. Ainsi des drapés, dont le tombé est naturel, puisque l’étude anatomique du corps est le préalable à leur réalisation, ou des scènes avec multiples personnages, non plus organisées selon des modèles antérieurs, mais à partir de figurines ou de mannequins, ou encore de modèles vivants.

Première hors d’Allemagne

Etudes de la figure, et parfois de parties du corps, du visage et de ses expressions (si le modèle devait être reconnaissable, on sent que c’est moins la vérité de ses traits qui était visée que les points saillants de son caractère), ou au contraire visions de véritables foules et de batailles surgissent parfois presque imperceptiblement, en formes blanches ou nébuleuses sur du papier teinté.

Peut-être la moins intéressante, d’un point de vue artistique, la dernière salle regroupe les modelli, études très abouties destinées à être présentées au commanditaire, des exemples de dessins pour l’ornement et l’architecture, des copies et des projets de gravures. Les dessins rassemblés ici – pour la première fois exposés hors d’Allemagne – ont été sélectionnés dans la riche collection graphique réunie au XVIIIe siècle par le peintre puis enseignant Lambert Krahe, le fondateur de l’académie des beaux-arts de Düsseldorf.


«Dessins italiens de la Renaissance», Cabinet d’arts graphiques, Genève, jusqu’au 7 janvier 2018.

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