Le poche de la semaine

«L’Homme des hautes solitudes» de James Salter

Rand, le héros, découvre un jour le mont Blanc. Ce sera le choc de sa vie

Le poche de la semaine

«Ils travaillaient sur le toit de l’église. De la mer de lumière d’où émergeaient deux coupoles jumelles…»

Genre: Roman
Qui ? James Salter
Titre: L’Homme des hautes solitudes
Trad. de l’américain par Antoine Deseix
Chez qui ? Points/Seuil, 250 p.

Coup double, cet automne, pour James Salter, l’une des plumes les plus raffinées des lettres américaines. D’abord, il y a le magnifique Et rien d’autre – SC du 13.09.2014 –, le roman étranger le plus plébiscité par les libraires francophones, à l’occasion de cette rentrée littéraire. En même temps, voici en poche L’Homme des hautes solitudes où Salter parle de l’alpinisme – une façon, pour cet ancien pilote de l’US Air Force, de renouer avec le ciel, avec l’extrême, avec les grands espaces.

Rand, le héros, aime les défis. Un jour, il plaque tout, abandonne les plaines californiennes, débarque à Chamonix et découvre le Mont-Blanc. Un choc. «Cette première et grandiose image devait bouleverser sa vie, écrit Salter. La montagne l’aimantait, elle s’élevait avec une lenteur infinie comme une vague prête à l’engloutir. Rien ne pouvait lui résister, rien ne pouvait lui survivre.»

Désormais, Rand ne cessera d’être obsédé par les cimes. Pour monter plus haut, là où les aiguilles de granit rose s’embrochent dans le cosmos. Pour lui, l’alpinisme sera une quête spirituelle, au cours de laquelle il affrontera Jack Cabot, un autre mordu de l’escalade… Débordant de lyrisme tout en restant très sobre, L’Homme des hautes solitudes exalte la magie des sommets jusqu’au vertige.

Il y a les vents glacés, la pureté étincelante des neiges, la peur, l’appel du vide, l’écho des piolets qui sculptent la pierre, l’effrayant bourdonnement du silence, les bivouacs improvisés, l’odeur de la foudre sur la roche brûlée. La montagne? Pour Salter, elle est une école de vie. Un théâtre tragique. Et, surtout, ce lieu si dangereux, si précieux, où l’homme peut tutoyer l’absolu. Seul, face à l’abîme.

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