Que ce soit à travers un culte cosmique et maléfique voulant réunir avec son élue la connaissance universelle dans un nuage noir (Sensor) ou l’histoire d’un individu qui ne comprend pas le bonheur des autres et va jusqu’à «usurper» sa condition d’être humain jusqu’au meurtre (La Déchéance d’un homme), Junji Ito rappelle dans ses productions récentes toute l’ampleur de son talent, toute la richesse de ses approches pourtant tournées vers de mêmes obsessions: l’absurdité du quotidien, ou du moins de sa forme mécanique, répétitive ou incongrue. En y ajoutant des couches surréalistes, le mangaka amplifie des situations banales jusqu’à l’insupportable.