Il est rare qu’on ait envie de chanter avec les musiciens et les danseurs. The Six Brandenburg Concertos de Jean-Sébastien Bach, détourné de leur majesté par Anne Teresa De Keersmaeker, ont produit cet effet-là, jusqu’à dimanche, au Bâtiment des forces motrices à Genève.

Il est rare qu’on se dise devant une troupe virtuose, une majorité d’hommes et une poignée de femmes en habit noir, chaussés d’abord comme pour un dîner en ville, que la danse est un art élémentaire et qu’il suffirait d’une pichenette pour qu’on se joigne au mouvement. Pour son retour à Genève, à l’initiative du Grand Théâtre et de l’Association pour la danse contemporaine, l’artiste flamande au visage de madone hivernale nous fait cette grâce: on se sent danser dans son fauteuil.