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rap

Licensed to III, par Beastie Boys

Sans les Jamaïcains, pas de rap. Sans ces sound systems fomentés dans les banlieues de Kingston, sans les DJ, les toasters volubiles, rien n’aurait tourné finalement le Bronx en une Mecque des rythmes tranchants. En 1986, des enfants blancs d’assez bonne famille renversent le rap naissant. Ils ne se contentent pas de piquer à Kool Herc, Bambaataa, Run DMC ou Public Enemy leurs rimes et leurs vinyles. La sensation Beastie vient d’un goût du rock épidémique, de refrains hystériques («Fight For Your Right») et d’un humour post-ghetto dont le hip-hop n’est pas encore familier. Rien à redire, vingt ans après, de cette galette salée. Sinon que certains gros morceaux du rap contemporain devraient s’y replonger.

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© Arnaud Mathier/Le Temps