chanson

L’identité affirmée de La Grande Sophie

Voilà trois ans, Des Vagues et des Ruisseaux avait déjà révélé une maturité inédite...

Genre: chanson
Qui ? La Grande Sophie
Titre: La Place du fantôme
Chez qui ? (Polydor/Universal Music)

Voilà trois ans, Des Vagues et des Ruisseaux avait déjà révélé une maturité inédite chez cette Grande Sophie entrée en francophonie rock en 1997. L’écriture s’était raffermie, les orchestrations affinées grâce à des variations autour d’un intimisme pop et d’introspections inhabituelles. Ce cap franchi, restait à confirmer cet allant précieux. C’est chose bien faite sur La Place du fantôme , après un détour scénique auprès des Françoises (aux côtés de Camille, Jeanne Cherhal, Emily Loizeau, Rosemary ­Standley de Moriarty et Olivia Ruiz), une escale discographique chez Françoise Hardy ou une récente résidence à Chateau rouge (Annemasse/F).

La Grande Sophie reprend intuitivement le gouvernail de ses émotions. Avec des manières pop d’Autour de Lucie parfois («Peut-être jamais», «Sucrez les fraises»), des harmonies rétro qui plairont aux toqués de Brigitte («Dans ton royaume») ou quelques facéties chères aux fervents de Camille («Ne m’oublie pas»). Dans les autres dédales plus ou moins bien éclairés de ce sixième album, elle se montre davantage au diapason de ses doutes obsédants, de ses craintes du temps filant, de ses insouciances et espérances.

D’un vague profil s’esquissent ici peu à peu une identité, un ­caractère («Tu fais ton âge», «Ecris-moi» ou «Suzanne»). Une manière de plaire enfin sans faux-semblants. Fantômes et fantasmes, stress et strass ont toute leur place, sans préférence tonale. Dans une forme de mélancolie épanouie.

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