De l’aube à la nuit tombée, une carriole traverse bourgs et forêts. Tirée par un cheval, elle est lourdement chargée de tout ce que les fugitifs ont pu emporter. Un homme en uniforme la mène, à l’arrière pleure une toute jeune fille. Une scène de guerre, d’exil, universelle, intemporelle, le début de l’épopée de la famille Goldberger, sur quatre générations, des années 1940 à la fin du XXe siècle.

L’auteur, Reinhard Kaiser-Mühlecker, est né en 1982 dans cette région de forêts et de montagnes, en Haute-Autriche. Fils de paysan, il a étudié l’agronomie, l’histoire et le développement, longuement voyagé en Amérique latine et en Europe avant de reprendre la ferme familiale. Il n’avait pas 30 ans quand il a écrit Lilas rouge, son quatrième roman, qui parle d’un monde rural vécu de l’intérieur. Un récit épique, ample, généreux, qui prend son temps. Pour le traducteur Olivier Le Lay, «une œuvre majeure dont la puissance saisit d’emblée, d’une grande cohérence, charnelle, sensible, incarnée. L’apparente fluidité repose sur une construction savante, avec des trous dans la narration. La complexité des personnages est mise au jour peu à peu.»