Quand ce ne sont pas les épidémies qui empêchent les musées de monter puis de maintenir ouvertes des expositions, ce sont généralement les problèmes de coût, d’assurance, de transport, de conservation, ou de prêt. Quel conservateur, quelle directrice de musée ne rêverait pas de s’affranchir de ces contraintes bassement matérielles? Les expositions immersives, qui se sont multipliées ces dernières années, semblent être une réponse idéale à ces problèmes logistiques.

Elles fonctionnent toutes sur le même principe, au croisement du cinéma, de la peinture et du mapping. Dans un espace plongé dans l’obscurité, des dizaines d’images d’œuvres – généralement signées par les artistes les plus célèbres – sont projetées simultanément à grande échelle, et en haute définition. Les projections suivent une chorégraphie précise, soutenue par de la musique. Ce format implique de gérer des droits à l’image et d’opérer d’infinis réglages techniques – car ce n’est pas rien de synchroniser des dizaines de projecteurs ou d’ajuster les images à l’espace. Mais il n’existe aucun problème de conservation, de prêts d’œuvres, de douane, ni d’assurance. Aucun problème de fréquentation, non plus, tant ces expositions font le plein, même au-delà des espérances.