Sous l’œil d’une maîtresse de cérémonie loufoque et d’un arbitre au pouvoir de metteur en scène, des personnages intrépides enchaînent les matchs d’humour. De sketchs 100% improvisés en challenges blagueurs. Objectif de cette lutte théâtrale: proclamer le vainqueur de la 4e Coupe du monde, une bataille entre quatre équipes nationales, championnes dans leurs pays respectifs d’une des ligues de catch-impro. Qui de la Belgique, du Canada, de la France ou de la Suisse brandira la ceinture à l’écusson en plastique doré cette année?

Sur le ring, les combats ont lieu pour la première fois au Théâtre du Beausobre à Morges, du 27 au 30 septembre prochains. «Le catch-impro obtient gentiment ses lettres de noblesse puisqu’il entre dans les grands plateaux», se réjouit Noël Antonini, comédien et cofondateur de la Compagnie Peutch vouée à cet art de l’impromptu.

«Zwö luchtige vo’ Neueburg»

Avec Carlos Henriquez, un autre artiste au CV d’improvisateur long comme le bras, ils renfilent leurs costumes des «zwö luchtige vo’ Neueburg», des protagonistes neuchâtelois décalés victorieux en 2015 et finalistes l’année passée. Car le catch-impro, cette forme théâtrale née en 1999 à l’Inédit Théâtre de Strasbourg, et qui se base sur des interventions plus vives que le match d’improvisation traditionnel, c’est un peu leur dada. «Complices, on s’entraîne depuis des années. On sent intuitivement quand l’autre est inspiré», explique l’un d’eux. Et pour éviter de stagner dans leur zone de confort, les joyeux lurons continuent d’être coachés pour proposer de nouveaux duos.

Des pièces jugées par les Jules César d’un soir: le public qui, face à des gladiateurs de scène, vote en brandissant des cartons colorés aux couleurs de leur équipe favorite. A Morges, jusqu’à 800 personnes par soir peuvent habiter l’arène. «Si on remplit le Beausobre, ce serait la première fois que l’on accueillerait autant de gens», réalisent les deux organisateurs.

Ouverture à d’autres pays francophones

En 2017, leur Coupe du monde avait déjà galvanisé 2500 personnes au Théâtre du Passage à Neuchâtel. Le concept du catch-impro tape dans l’œil de spectateurs hilares. «Cet art vivant se démultiplie. Des formes naissent comme les comédies musicales improvisées ou des longues sessions dédiées à l’univers de Shakespeare», précise Noël Antonini.

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Forts du succès de leur Coupe du monde, les humoristes inviteraient volontiers d’autres pays francophones à monter sur le ring. «On pense depuis longtemps à agrandir le tournoi aux talents de l’Afrique du Nord par exemple. Dans ce cas de figure il faudrait adapter la joute à cinq ou six équipes et rallonger l’événement à une semaine entière», imaginent-ils avec enthousiasme. Chaque match dure une heure. Et il y a deux affrontements par date. A noter que dans ce type de catch, l’équipe perdante n’est jamais «KO». La compétition internationale n’est qu’un heureux prétexte pour rire dans une ambiance bon enfant.


Coupe du monde de catch-impro, du 27 au 30 septembre, Théâtre de Beausobre, Morges.