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«Tarde para morir joven», de Dominga Sotomayor.
© DR

Locarno Festival

L’insoutenable légèreté de l’adolescence

La réalisatrice chilienne Dominga Sotomayor présente en compétition «Tarde para morir joven», un film tirant paradoxalement sa force de son absence d’enjeux dramatiques

Le film s’ouvre et se clôt sur le même plan: un chien court dans la poussière, il galope, on dirait un cheval. Il s’agit d’un bouvier bernois, mais on est au Chili, quelque part sur une colline dominant une ville, au milieu d’une nature sèche et aride qui menace à tout instant de s’embraser. Deux adolescents qui s’aiment plus ou moins, Sofia et Lucas, vivent là avec leurs parents.

Ils sont une vingtaine d’adultes et d’enfants à fonctionner en communauté, rappelant les hippies d’hier sans être les décroissants de demain. Les images sont comme fanées, délavées. On pourrait être dans les années 1970, avant qu’un poster de Sinéad O’Connor puis l’utilisation du toujours aussi bouleversant Fade Into You de Mazzy Star nous indiquent alors que l’histoire se déroule au début des années 1990. Soit peu après la fin de la dictature.

Dans la torpeur de l’été

Tarde para morir joven joue sur un récit déceptif. On s’attend à ce que quelque chose vienne le faire basculer, mais rien, si ce n’est quelques infimes péripéties. Sofia souhaite retourner en ville, auprès de sa mère, et s’amourache d’un motard plus âgé; Lucas est mélancolique mais ne sait pas comment s’y prendre pour la récupérer; les adultes vaquent à leurs occupations. Les séquences s’étirent parfois inutilement, on est dans la torpeur de l’été, tous attendent avec impatience la fête du Nouvel-An.

De cette absence d’enjeux dramatiques, de cette attente propre à l’adolescence, cet âge où on veut tout de la vie mais où le temps ne passe pas assez vite, naît finalement la force du film, qui passe d’une scène insignifiante à de beaux moments de cinéma, comme lorsque Sofia reprend nuitamment à l’accordéon Eternal Flame, des Bangles.

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