Le Temps: L'Institut suisse de Rome fête aujourd'hui ses 60 ans d'existence, quels sont les événements prévus pour marquer cette date?

Christoph Riedweg: La villa Maraini sur la colline du Pincio, qui est un don à la Confédération de la comtesse Carolina Maraini-Sommaruga, va ouvrir ses portes à tout le monde ce soir. Nous offrirons une trentaine d'événements avec comme invitée d'honneur l'écrivaine Dacia Maraini, la petite-fille de l'architecte Emilio Maraini et de son épouse. La soirée devrait être inoubliable notamment grâce à la présence de l'Eos Guitar Quartet, à celle d'un ancien pensionnaire, Paul Nizon, qui lira des extraits de son roman Canto ou encore de la poétesse Sylviane Dupuis. Nous avons aussi préparé des expositions de photos, dont celles de Paul Collart, ex-directeur de l'ISR. Je dois dire qu'en relisant les listes des anciens pensionnaires, j'ai été frappé par le nombre d'artistes ou chercheurs suisses devenus célèbres. Je pense notamment à l'écrivain Etienne Barillier, aux plasticiens Rémy Zaugg, Shahryar Nashat, à l'archéologue Beat Brenk, au compositeur Michael Jarrell.

- En effet, que de noms prestigieux qui rappellent la vocation tout aussi prestigieuse de l'ISR...

- A l'image de tous les instituts culturels étrangers présents dans la Ville Eternelle l'ISR relève de l'héritage du Grand Tour du XVIIIe siècle, si important pour la formation des jeunes artistes et chercheurs, Rome étant une capitale de la culture aux richesses uniques au monde, de l'art antique à l'art contemporain.

- Comment peut-on devenir pensionnaire de l'ISR et quelles sont les disciplines qui y sont représentées?

- Un concours est organisé chaque année et deux commissions, l'une universitaire, l'autre artistique sélectionnent une dizaine de candidats pour un séjour d'environ un an. Pour ce qui concerne les disciplines, Rome se prête particulièrement aux sciences humaines, à l'histoire, à l'archéologie, mais nous accueillons aussi juristes et physiciens.

- Quelles sont les conditions de vie des pensionnaires?

- Ils sont logés gratuitement, mais ils doivent subvenir eux-mêmes à leurs besoins. En général, les chercheurs obtiennent une bourse du Fonds national ou d'une université. Pour les artistes, j'ai la joie d'annoncer que nous venons de recevoir une déclaration d'intention des cantons d'apporter un soutien.

- Comment est financé l'ISR?

L'ISR est depuis 1948 une fondation privée. Elle est soutenue par deux grands sponsors: le Secrétariat d'Etat à la recherche et à l'éducation et la Fondation Pro Helvetia. En outre, nous sommes aidés par l'ex-banque du Gothard qui a été rachetée par la Banque Bsi.

- Quelle est la particularité de l'ISR par rapport aux autres centres culturels suisses à l'étranger?

- La caractéristique de l'ISR est d'accueillir des pensionnaires, avec une cohabitation entre artistes et chercheurs qui aboutit à des échanges d'une richesse fabuleuse.

- Quelles sont vos priorités pour l'avenir?

- Nous tenons à renforcer les liens avec l'Italie en particulier mais aussi avec d'autres centres culturels. Nous souhaitons également consolider notre rôle de plate-forme scientifique et artistique. Sans jamais oublier que notre objectif numéro un est de donner aux nouvelles générations de talents suisses la possibilité d'approfondir leurs connaissances.