Art

L’Institut suisse de Rome prend le large

En offrant pour la première fois des résidences de trois mois à des artistes suisses, le Palazzo Butera veut susciter des collaborations avec les artistes locaux et soutenir le renouveau culturel palermitain

Assis sur une chaise surplombant des milliers de majoliques peintes à la main couleur turquoise, la romancière Jasmine Keller contemple l’horizon. Avec son ordinateur d’un côté et de l’autre un bloc-notes, la Bernoise d’origine profite du paysage idyllique qui s’offre à elle pour écrire son premier roman, inspiré du mythe d’Echo et Narcisse. Dans sa version moderne, Echo est une jeune femme queer qui travaille comme traductrice. Le clavier de son ordinateur crépite. Sur l’écran, on peut lire: «Into a silent world, you were born with the gift of voice. Echo, there was only nothingness and you filled it with stories.» Elle et la Romande Yasmine Hugonnet, danseuse et chorégraphe, sont les premières participantes de Palermo Calling, le nouveau programme lancé par l’Institut suisse de Rome.

Joëlle Comé, directrice de l’institut, et Samuel Gross, responsable artistique, étaient déjà venus à Palerme lors de la foire Manifesta 12, avec un cycle de conférences sur le mouvement anti-musée de Martin Kippenberger. Ils sont tombés sous le charme de la ville. «Après Milan et Rome, le sud était la suite logique de la présence de l’Institut suisse en Italie.» C’est un quartier et un lieu symboliques de la renaissance culturelle soufflant sur la ville qui ont finalement été choisis pour ancrer cette présence. «L’ouverture de la résidence dans un lieu comme le Palazzo Butera offre de nouvelles possibilités de rencontres et de networking aux artistes suisses», affirme Joëlle Comé.