Après 46 mois d'absence, du public, et non du conservateur et de son équipe, le Cabinet des estampes du Musée d'art et d'histoire de Genève regagne ses pénates. Les façades du bâtiment ont été soigneusement restaurées, pourtant on retrouve d'emblée, une fois la lourde porte passée, l'ambiance désuète de la cage d'escaliers qui conduit au Cabinet des estampes. Là, et même si les travaux intérieurs, restrictions obligent, ont été renvoyés «aux calendes», ce sont des salles étonnamment jeunes et claires qui accueillent le visiteur. «On a barbouillé les murs, refait les sols, retiré les meubles à plans qui abritaient naguère les collections», explique Rainer Michael Mason. Le déplacement des collections et l'évacuation de ces meubles de consultation expliquent le sentiment qu'on a d'une respiration nouvelle des œuvres exposées. En outre, le programme des expositions se trouve enrichi, puisque aux présentations montées au siège même s'ajoutent celles que continue d'accueillir le Mamco, avec lequel la collaboration s'est avérée harmonieuse et fructueuse.

Les fonds pourront encore être consultés, sur rendez-vous, dans l'assez grande salle annexe. Les volets ont cédé la place à des stores, étudiés pour assurer une lumière tamisée. Bref, et même si le budget des acquisitions a été supprimé en 1991, on ne se plaint pas au 5, promenade du Pin: les dons continuent d'arriver, les lieux sont propices à un travail de qualité, la vue des fenêtres est paisible, «c'est le bonheur».