Dans la collection Terre d'encre, où des écrivains évoquent des lieux auxquels ils sont attachés, ont paru de beaux textes, notamment L'Empreinte de Pierre Bergougnioux, Epreuve de l'air de Dominique Sampiero, des Lettres gersoises de Serge Safran, et, récemment, Ile Grande, promenade première de Denise Le Dantec. Lionel Bourg, né dans la vallée stéphanoise, auteur entre autres d'ouvrages sur la mine et sur le Facteur Cheval, évoque dans Mortes pierres la fascination qu'exercent sur lui les paysages austères du Velay: passion géologique qu'il lie à son «enfance prolétaire» assombrie par le deuil. «Les pays rétifs plaisent aux réfractaires.» Citant Vallès, Stevenson et George Sand, il compare l'imposante masse du Mézenc au Paysage d'hiver de Caspard David Friedrich. Quant à sa propre vie, «sinueuse. Roide […] Eruptive. Revêche», il la voit pareille aux pierres, ces prismes de basalte brisés que seule adoucit la neige.