C’est l’histoire d’un jeune garçon aux prises avec un monstre affreux en plein Paris, dont les rayons lui occasionnent des fureurs incontrôlables.

Encouragé à le dessiner, il parvient à lui échapper. Cette histoire, c’est celle d’Orion dans L’Enfant bleu d’Henry Bauchau (Actes Sud, 2004). C’est une histoire vraie. Dans les années 1970, Orion, de son vrai nom Lionel Douillet, est un garçon psychotique. «Un cas difficile» confié à Henry Bauchau, alors thérapeute dans un centre psychopédagogique. Il l’encourage à exprimer ses terreurs par le dessin. Lionel trouve son salut dans l’expression artistique. Son art, classé «brut», a été exposé à plusieurs reprises, et tout récemment à l’Université catholique de Lille. Ce livre montre les étapes d’une poignante rémission. Les représentations du «démon de Paris», puis du labyrinthe de Thésée marquent les premiers tâtonnements. Les îles imaginaires, colorées, naïves, sont l’expression d’un refuge. Au fil des ans, l’artiste ouvre son imaginaire à de surprenantes visions du cosmos.