Caractères

Lire, voyager, continuer

Lire en train est délicieux, lire les livres sur les trains sans fin…

J’ai raconté parfois dans cette chronique les délices de la lecture en train. Le rythme du texte et des roues, le défilement des pages et du paysage. Et voilà que je tombe, furetant dans les rayons de livres de la rédaction, sur Le goût du train, une petite anthologie de littérature ferroviaire. Mais oui, bien sûr! Si le train appelle la lecture, la lecture, elle, peut à son tour faire la part belle au train.

J’ouvre et ça commence bien: «Les trains rêvent dans la rosée, au fond des gares…/Ils rêvent des heures, puis grincent et démarrent…» dit le poète Henry Bataille en préambule. Les premiers vers de son Beau Voyage touchent au cœur le lecteur pendulaire qui songe soudain, à la vie secrète des trains, endormis le matin sur des voies sans issues, à ces colosses ensommeillés qui s’ébrouent à l’heure où il se lève, avant de l’emporter à travers la campagne. Découverte.